À Saint-Nazaire, Zeni transforme les effluents industriels en ressource grâce aux microalgues

Comment traiter les effluents industriels sans multiplier les intrants chimiques et générer de nouvelles contraintes environnementales ? C’est à cette question que répond la start-up nazairienne Zeni en s’appuyant sur les microalgues. L’entreprise développe une solution de traitement durable, pensée pour concilier performance environnementale, circularité et valorisation des eaux usées industrielles. Lauréate des Trophées Innovation Océan® 2025 organisés par le Crédit Maritime Grand Ouest, Zeni poursuit aujourd’hui son déploiement industriel.

Les activités industrielles (agroalimentaire, agrochimie et aquaculture principalement) génèrent des effluents contenant encore beaucoup d’azote et de phosphore ou encore une charge organique élevée (DCO). Leur traitement s’appuie généralement sur des procédés physiques, biologiques et physico-chimiques qui peuvent nécessiter l’utilisation d’intrants et produire des résidus (boues) qu’il faut éliminer, entraînant des surcoûts importants.

Dans un contexte de renforcement des exigences réglementaires et de tension sur la ressource en eau, Zeni propose une alternative fondée sur les microalgues afin d’apporter une réponse aux enjeux du traitement des eaux industrielles.

Une technologie bio-inspirée innovante

La solution développée par Zeni s’inspire du fonctionnement des écosystèmes naturels, où les microalgues jouent un rôle essentiel dans l’équilibre des milieux aquatiques. À l’image de ces processus biologiques, la technologie repose sur la capacité des microalgues à capter et à assimiler les nutriments présents dans les eaux usées industrielles évoqués précédemment.

Concrètement, l’entreprise a développé une souchothèque propriétaire de microalgues sélectionnées et optimisées pour le traitement des effluents issus de l’industrie agroalimentaire. Ces micro-organismes sont cultivés dans un photobioréacteur compact, constitué de grandes cuves cylindriques conçues pour offrir un haut rendement tout en limitant l’emprise au sol des installations.

Grâce à la photosynthèse, les microalgues utilisent la lumière pour transformer les éléments présents dans l’eau en biomasse. Ce procédé décarboné permet ainsi d’épurer les effluents industriels tout en produisant une eau pouvant être réutilisée dans certains processus de production ou rejetée dans le respect des normes environnementales.

Une biomasse valorisable pour l’agriculture

Le traitement des effluents par les microalgues ne se limite pas à l’épuration de l’eau et à sa gestion durable. Le procédé permet également de produire une biomasse naturelle, issue du développement des microalgues dans le photobioréacteur.

Cette matière organique peut ensuite être valorisée comme intrant pour certains usages agricoles (fertilisants biosourcés, biostimulants), contribuant à faire une ressource utile d’un déchet.

Une phase de déploiement industriel

Début 2025, Zeni a réalisé sa première levée de fonds destinée à soutenir le développement et le déploiement de sa technologie à l’échelle de pilotes industriels pour préparer les prochaines étapes de son déploiement.

L’entreprise prévoit ainsi, dès cette année, le déploiement de plusieurs projets industriels dont le premier au service du Groupe EVEN pour sa branche laitière Laïta, ainsi que dans le secteur brassicole. Cette année cruciale va ainsi permettre à Zeni de dimensionner pour 2027 la construction d’un premier site industriel dédié au traitement d’effluents par les microalgues.