Transformer la puissance des vagues en énergie : une idée devenue projet avec UNDA

Avec la jeune startup UNDA, Gwendoline Hernot, fondatrice et CEO, développe une technologie pour produire de l’énergie à partir du mouvement des vagues. Lauréate des Trophées Innovation Océan, elle travaille aujourd’hui au déploiement d’une solution pensée pour les territoires insulaires.

Votre parcours n’est initialement pas celui d’une entrepreneure du secteur maritime. Comment tout a commencé ?

Je suis ingénieure en mécanique. Au début de ma carrière, j’ai travaillé dans l’automobile. Puis j’ai été responsable R&D d’une petite entreprise où j’ai réalisé la conception, le design et la mise en test de prototypes. Après trois années, j’ai décidé de reprendre des études en sciences de l’eau à Rennes car je ressentais le besoin de développer mes compétences sur les enjeux environnementaux et la transition écologique. C’est à ce moment-là que j’ai eu l’opportunité d’intégrer le programme pour jeunes entrepreneurs Pépite, et que j’ai commencé à structurer un projet autour des énergies marines, en lien avec mes compétences techniques et mes convictions.

Pourquoi vous êtes-vous orientée vers les énergies marines ?

Je m’y intéresse depuis longtemps. Nous avons tous constaté la puissance des vagues, même depuis le bord de mer. C’est une source d’énergie importante qui reste encore peu exploitée. De plus, l’énergie est au cœur de nombreux enjeux, notamment climatiques et géopolitiques. Sans énergie, nous ne faisons pas grand chose. 

J’ai d’abord commencé à travailler sur d’autres technologies telles qu’un frigo du désert ou une machine à recycler le papier. Avec ces essais, je me suis rendue compte que je n’avais pas de maîtrise sur les technologies de l’eau. C’est ce constat qui m’a amené à travailler sur ces deux sujets importants pour moi, afin d’agir pour une transition énergétique viable.

Comment votre projet a-t-il pris forme ?

Le projet s’est structuré progressivement à partir de 2023, notamment grâce au programme Pépite. J’avais plusieurs idées, mais celle-ci s’est imposée car elle répondait à un besoin réel. Je suis partie d’un constat simple : beaucoup de technologies existantes ne résistent pas aux tempêtes. J’ai donc cherché à concevoir un système capable de s’adapter aux conditions maritimes plutôt que de lutter contre elles. En décembre 2024, je finissais mes études et gagnais le concours Pépite, puis en avril 2025 je présentais mon prototype et débutais une première expérimentation d’un an et demi.

Concrètement, comment fonctionne votre technologie ?

Le prototype, appelé ONNI, repose sur un mécanisme simple : une coque en surface suit le mouvement des vagues et coulisse le long d’un mât (quille) relié à une structure immergée. Ce mouvement permet de produire de l’énergie, un peu comme une dynamo. L’objectif est d’avoir un système robuste, capable de fonctionner durablement en mer.

La technologie est mobile, ne nécessite pas d’infrastructure fixe et limite son impact sur les écosystèmes et les paysages. Elle permet de produire de l’énergie sans artificialiser les fonds marins ni perturber les activités existantes.

Concrètement, les unités partent du port, se rendent en mer là où la houle est la plus favorable, se chargent en énergie, puis reviennent pour la restituer, soit à terre, soit directement à un navire. L’objectif est de répondre aux besoins spécifiques des îles, où l’espace est limité, tout en préservant les paysages et les usages.

Vous avez été lauréate des Trophées Innovation Océan. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

C’est une reconnaissance importante, notamment parce qu’elle vient du secteur maritime. Les acteurs présents connaissent les réalités du terrain et les contraintes spécifiques liées à la mer. Pour moi, c’était une manière de valider que la technologie développée a du sens dans cet écosystème.

Par ailleurs, Crédit Maritime Grand Ouest est la banque de l’entreprise. C’est un point important, car c’est un acteur historiquement ancré dans le maritime, qui comprend les enjeux spécifiques de ce secteur. Cela permet d’évoluer dans un cadre cohérent avec le projet et son environnement.

Quelles sont les prochaines étapes pour UNDA ?

Nous préparons une levée de fonds pour développer un prototype à échelle réelle de 7 à 10 mètres de long. L’objectif est de concevoir un premier navire capable de produire de l’énergie en mer et de contribuer à l’autonomie énergétique des îles d’ici 2030.