Pourquoi détenir du capital-investissement ?

Avec des taux d’intérêt qui demeurent proches de zéro et des bourses volatiles, la quête de rendement apparaît difficile pour les investisseurs. Elle passe par une plus grande diversification en termes d’actifs financiers. À ce titre, le capital-investissement, ou private equity, représente une alternative à considérer. Classe d’actifs à part entière, le capital-investissement consiste à prendre des participations dans des sociétés non cotées en bourse, le plus souvent des TPE-PME et ETI. Il permet de financer les entreprises à différents stades de leur vie : création, croissance, transmission, redressement ou sauvetage.

Le private equity joue donc un rôle majeur dans l’économie en contribuant à la création d’entreprises, à l’innovation, à l’emploi et plus largement à la croissance. Y investir, c’est y participer. D’ailleurs, la loi Pacte et le Plan de relance incitent fortement à flécher une partie de l’épargne dans les TPE-PME et ETI afin de renforcer leurs fonds propres ; surtout que le retour sur investissement est au rendez-vous. Entre 2005 et 2019, cette classe d’actifs a enregistré un taux de rentabilité interne (TRI)(1) net de frais de 11,4 %, contre une performance de 7,4 % pour l’immobilier (indice EDHEC IEIF Immobilier d’entreprise France) et 6 % pour le CAC 40(2) . S’ajoute une crise actuelle synonyme d’opportunités d’investissement. On a coutume de dire que la plus-value se réalise aussi et surtout quand l’achat se fait bien. Aujourd’hui, le contexte s’y prête parfaitement puisqu’il permet de prendre des positions sur des actifs de qualité avec un point d’entrée très attractif.

Mais tout placement à la rentabilité élevée comprend des risques, au premier rang desquels l’absence de liquidité. Impossible en effet de récupérer son investissement à tout moment ou alors dans de très mauvaises conditions. La perte en capital n’est donc pas exclue. Afin de limiter ces risques, et garantir la bonne sélection des actifs, il faut s’assurer de la qualité et de la solidité financière de la société de gestion, de son track record (capacité à créer de la performance sur une période donnée) et de sa taille en termes d’encours gérés lorsqu’on investit via un fonds. Et pour un investissement en direct, bien comprendre et valider le projet porté par l’équipe.

Il est donc possible de détenir du capital-investissement en direct ou en achetant des parts de fonds (ce qui diversifie le portefeuille et mutualise les risques), de l’intégrer dans un PEA sous réserve d’éligibilité, dans un contrat de capitalisation et une assurance vie. À ce titre, la loi Pacte élargit le champ des possibles puisque le private equity peut désormais représenter jusqu’à 50 % des encours d’un contrat d’assurance vie. Une nouvelle tendance voit aussi le jour avec des fonds de capital-investissement à sous-jacent immobilier. L’investissement s’opère dans des « club deals » dédiés avec des opérations d’achat/revente et de promotions immobilières corrélées avec une levée de dette par un fonds pour chercher des TRI attractifs(1). Cela prend la forme d’un fonds professionnel de capital-investissement (FPCI) immobilier dont la particularité est de ne pas entrer dans l’assiette taxable au titre de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI).

Ces produits de private equity s’adressent aux clients privés prêts à prendre des risques, aux avoirs importants – les tickets d’entrée peuvent être élevés –et capables d’immobiliser 5 % à 10 % de leurs liquidités sur moyen/long terme. Mais aussi à ceux qui ont une durée d’investissement longue devant eux, et qui sont familiers avec le monde de l’entreprise car eux-mêmes (ex-)dirigeants. Enfin, de nombreux clients les utilisent aussi dans le cadre de l’article 150-0 B ter du Code général des impôts qui permet le réemploi d’une partie du fruit de la cession d’une entreprise détenue par une holding soumise au report d’imposition.

Christophe Daniel
Ingénieur patrimonial,
Direction Gestion Privée Banque Populaire Grand Ouest

(1) Le TRI mesure la rentabilité annualisée moyenne d’un investissement constitué de flux positifs (encaissements) et de flux négatifs (décaissements).
(2) Source : Performance nette des acteurs français du capital-investissement à fin 2019 – France Invest / EY.