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Couverture des matières premières


​Les prix du pétrole et des métaux sont au plus bas du fait d’une surproduction et du ralentissement de la croissance mondiale. Les cours pourraient se stabiliser cette année et repartir à la hausse l’an prochain. Mieux vaut donc anticiper.

 

05/10/2015

Matières premières : faut-il se couvrir contre les hausses ?

 

En juin 2014, le baril de pétrole se négociait au plus haut aux alentours de 115 dollars. En janvier 2016, le prix moyen du brut est tombé à environ 30 dollars. Une baisse de 70 % en 18 mois qui pourrait encore s’accentuer dans les prochaines semaines, certains économistes tablant même sur des scénarios à 20 dollars le baril.

 

Une surproduction chronique...

Motifs de cet effondrement : une surproduction chronique d’or noir et un ralentissement de la demande. « Cette offre surabondante de pétrole est encouragée par l’Arabie saoudite, explique Philippe Priaulet, responsable Vente de couvertures et placements au sein de Natixis Banque de Grande Clientèle(1). « Entre 2011 et 2014, les États-Unis ont gagné des parts de marché en produisant du pétrole de schiste à bas coût quand le brut valait 110 dollars. Aujourd’hui, les Saoudiens veulent reprendre ces parts de marché en produisant de façon massive pour peser sur les prix. Ils entendent également limiter ainsi les revenus de l’Iran qui revient dans le jeu. »
 

... face à une demande qui ralentit

Dans le même temps, la demande mondiale de pétrole a chuté, principalement du fait du ralentissement de l’économie chinoise. « La croissance en Chine est passée de 9,5 % à 7 %, et ce ralentissement n’impacte pas uniquement les cours du pétrole mais aussi ceux des minerais et des métaux, constate Philippe Priaulet. Cuivre, aluminium, nickel, plomb, étain, zinc, etc., tous les cours sont à la baisse. Le nickel, par exemple, a perdu la moitié de sa valeur, avec un prix de vente début 2016 à 8 600 dollars la tonne, contre 25 000 dollars en 2011 et 50 000 dollars à son plus haut niveau en 2007. »
 

2017 pourrait repartir à la hausse

Cette situation risque de durer en 2016 avec des matières premières toujours orientées à la baisse et un prix du baril de pétrole installé en dessous de 50 dollars. « Mais à moyen terme, il y a un risque à la remontée des cours, avertit le spécialiste. La croissance mondiale à 2,9 % en 2015 est attendue en hausse à l’horizon 2017 et le prix du baril pourrait donc augmenter à cette date. Il faut se poser la question de l’opportunité de mettre en place des couvertures. La période est pour cela extrêmement favorable en cas de remontée des cours à l’avenir. »
Une entreprise a en effet bien du mal à gérer sa croissance dans un contexte de grande instabilité des prix de ses approvisionnements. Pour se préserver des fluctuations de cours et gagner en visibilité et donc en sérénité, elle a besoin de connaître à l’avance le prix auquel elle paiera son énergie et ses matières premières dans six mois, un an, deux ans… Elle va, pour cela, se couvrir contre les hausses éventuelles de tarifs auprès de sa banque.

Le dispositif du swap

« Le principal dispositif qui assure 90 % des opérations de couverture est le swap, détaille Philippe Priaulet. Il consiste à échanger un prix de marché par nature fluctuant contre un prix fixe défini à l’avance avec la banque pour une période qui va de quelques mois à deux ans. Ce prix est déterminé en prenant en compte le niveau des cours spot et les anticipations sur la période de couverture souhaitée. Les cours des matières premières en général et du pétrole en particulier étant actuellement historiquement bas, la période est propice au questionnement sur ce type d’opérations. »

À la livraison, l’entreprise paiera par exemple son pétrole au prix du marché, mais si ce prix est supérieur au prix fixe préalablement défini, la banque lui versera la différence. En revanche, si le prix payé est inférieur au prix fixe prédéfini, c’est l’entreprise qui versera la différence à la banque. Quelle que soit l’évolution des cours, l’entreprise a donc la garantie de payer toujours le même prix. « Pour se couvrir, l’entreprise doit définir son ‟cours budget”, c'est-à-dire le niveau de prix qui lui permet de pérenniser son résultat afin d’avoir la certitude d’être toujours rentable, souligne Philippe Priaulet. À noter qu’une entreprise peut se couvrir sur une partie seulement de ses besoins et ajuster ensuite cette couverture pour tenir compte de l’évolution du marché. « Mais la règle d’or pour une entreprise est de limiter au maximum la prise de risque en renonçant à spéculer », met en garde le responsable Natixis.

(1) La Banque de Grande Clientèle de Natixis conseille et accompagne les entreprises, les investisseurs institutionnels, les compagnies d’assurance, les banques et les entités du secteur public. 
 

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