Passer au contenu principal

Analyse de l'enquête Ifop - Banque Populaire


 

 

​21/09/2015
 

 

L’entrepreneur de demain fait le pari de la performance collective

L'entreprise de demain fonctionnera dans un environnement profondément transformé qui induit des nouvelles priorités pour les managers.
Analyse de l'enquête Ifop - Banque Populaire
1. Un nouveau système de valeurs se met en place

Des contraintes apparaissent — transitions énergétique et écologique — qui se conjuguent avec la révolution technologique en cours (outils numériques, robotisation, invention de l'imprimante 3D) pour faire émerger des pratiques entrepreneuriales inédites.
Les nouveaux modes de financement (*crowdfunding*) se généralisent. Les stratégies marketing et commerciales évoluent sous l’influence du traitement des données (*data mining*, CRM). L’économie devient circulaire et la R&D collaborative.
Le monde du travail évolue avec le développement de l’auto-entrepreneuriat et le recul du salariat. Le coworking et le télétravail se développent. Partout, la génération Y développe de nouvelles façons de fonctionner, plus solidaires, plus responsables.

2. Priorité à la performance
Interrogés sur les valeurs qu’ils vont promouvoir dans leur entreprise dans les cinq prochaines années, les dirigeants se montrent avant tout pragmatiques et rationnels. Dans un contexte difficile encore marqué par la crise, il s’agit avant tout pour eux de défendre en interne le couplé gagnant « performance et responsabilité ». Deux valeurs clés citées par respectivement 56 % et 44 % des sondés.
Les entrepreneurs de moins de 35 ans ajoutent à ce diptyque la passion, revendiquée comme une valeur essentielle par 41 % d’entre eux, contre à peine plus d’un quart pour les plus de 50 ans. Les conseillers Banque Populaire encouragent quant à eux le dynamisme de leurs clients et plébiscitent (à 71 %) la performance comme valeur cardinale de l’entreprise.
 
3. Une équipe qui gagne
Tous les dirigeants interrogés sont d’accord pour présenter le métier d’entrepreneur comme le pivot central d’un collectif. Le dirigeant est un chef d’orchestre, un capitaine meneur d’hommes qui responsabilise ses collaborateurs et encourage leur prise d’initiative. Pour un tiers des interviewés, la première motivation est ainsi de *« diriger et fédérer une équipe, un collectif »*, avec pour finalité de créer de la valeur. Pour 98 % des sondés, *« la collaboration entre l’ensemble des salariés »* aura ainsi un impact important sur le développement de l’entreprise dans les prochaines années.
 
4. Un nouveau management
Cette affirmation du collectif s’ancre sans doute dans la réalité du tissu entrepreneurial français où prédominent des entreprises familiales à taille humaine. Elle traduit également la prise en compte des évolutions managériales qui se dessinent depuis quelques années : réduction des niveaux hiérarchiques, valorisation de l’autonomie des équipes et de la créativité individuelle, prise en compte des valeurs exprimées par les salariés de la génération Y. Optimisme, passion et solidarité sont trois valeurs à promouvoir en interne, qui recueillent chacune près de 30 % d’opinions favorables dans le sondage (beaucoup plus chez les moins de 35 ans), loin devant l’ambition et le profit. La quasi-totalité des dirigeants interrogés (98 %) estiment que *« la qualité de vie au travail des salariés »* aura un impact important sur le développement de l’entreprise dans les années à venir.

5. Le monde du travail en pleine mutation
En filigrane apparaît aussi une nouvelle façon de travailler qui encourage la prise d’initiative. Pour 27 % des dirigeants, elle est capable d’améliorer à elle seule l’efficacité du management. L’heure est désormais à la pédagogie : 28 % des sondés estiment que donner plus de sens aux objectifs des salariés est un levier de performance managériale (un item défendu par la majorité des étudiants). Idem pour la bienveillance dans le domaine des RH : un tiers des dirigeants interrogés encouragent le feed-back aux collaborateurs sur la qualité de leur travail, un quart d'entre eux font le pari de la formation et 20 % jugent nécessaire de faire davantage confiance aux managers intermédiaires.

Cette nouvelle donne managériale va s’accompagner d’une transformation du cadre juridique du travail. Plus ouverte, moins autoritaire, l’entreprise de l’avenir sera également plus flexible dans son organisation, ses horaires et ses liens contractuels, estiment les dirigeants d’aujourd’hui, particulièrement ceux qui sont à la tête d’ETI.
En revanche, seule une faible minorité (4 %) envisage une flexibilité accrue dans le lieu de travail (par exemple avec le télétravail). Un élément pourtant mis en avant par 15 % des conseillers Banque Populaire.
 
6. La prédominance du social
À la solidarité interne du collectif de l’entreprise correspond une solidarité externe. Pour les dirigeants de TPE-PME-ETI, cette utilité sociale devance les dimensions de responsabilité environnementale et sociétale de l’entreprise. Clé de voûte de l’édifice économique, l’entreprise est également, dans le contexte de crise actuel, un rouage indispensable de l’action sociale.
Pour 88 % des sondés, elle est incontournable pour la formation des personnes en reconversion, la lutte contre les discriminations, l’amélioration des conditions de travail et la promotion de la mixité.

L’utilité environnementale (lutte contre le réchauffement climatique, protection de la biodiversité, recyclage…) n’arrive qu’en seconde position chez les chefs d’entreprise avec 78 % des réponses. Les conseillers Banque Populaire, quant à eux, la place en tête devant l’utilité sociale qui ne recueille que 76 % des réponses.

L’utilité sociétale (relations respectueuses et vertueuses avec les clients et les fournisseurs, défense des grandes causes humanitaires…) arrive en troisième position alors qu'elle domine au contraire les réponses des étudiants : 75 % d’entre eux estiment que l’empreinte sociétale de l’entreprise est importante, 40 % qu’elle est indispensable.
À noter toutefois que, globalement, les trois piliers de la RSE sont jugés essentiels par les dirigeants interrogés (ils sont cités comme indispensables ou importants par plus de 60 % de l’échantillon).

L’utilité environnementale à elle seule est plébiscitée par 8 chefs d’entreprise sur 10 et l’utilité sociétale par 6 dirigeants sur 10, signe d’une évolution progressive des mentalités sur le sujet.
 
7. Cap sur l’innovation
Plus performante, plus sociale, l’entreprise de demain sera également globale et  technologique. Pour les étudiants d’HEC, cela ne fait aucun doute. La moitié d’entre eux pensent que le développement du digital aura un impact très important sur le développement de l’entreprise. Et plus d’un tiers estime que le développement à l’international jouera ce rôle. Ces *digital natives* ne peuvent envisager un développement pérenne de l’entreprise sans R&D et innovation (71 % d’entre eux les jugent essentielles). Ils entendent encourager l’adoption des nouvelles technologies en formant les collaborateurs de l’entreprise aux nouvelles pratiques et en les équipant en outils digitaux.

Cet enthousiasme semble plus mesuré dans l’échantillon principal de l’enquête Ifop. Certes, les trois quarts des dirigeants interrogés estiment que l’investissement dans la R&D et l’innovation est important ou essentiel pour leur entreprise. Ce chiffre est particulièrement élevé dans des secteurs comme l’industrie où l’avance technologique est cruciale pour la conquête de nouveaux marchés ; 44 % des entreprises y jugent l’investissement dans la R&D et l’innovation comme essentiel contre 36 % en moyenne. Ce niveau est également corrélé avec la taille de l’entreprise : il est de moins d’un tiers dans les entreprises de 10 à 49 salariés, contre plus de la moitié dans les entreprises de taille moyenne (250 à 500 salariés).

Les chefs d’entreprise interrogés reconnaissent également la nécessité de faire évoluer leurs pratiques face à l’arrivée des nouvelles technologies en formant leurs collaborateurs à l’utilisation des outils digitaux et des réseaux sociaux, en les équipant en smartphones ou tablettes, et ce d’autant plus que la taille de l’entreprise est importante.

En revanche, une certaine réserve demeure à l’égard de la technologie, soupçonnée de déshumaniser les process. Ainsi, 90 % des sondés estiment nécessaire de *« renforcer les échanges en face-à-face pour compenser la déshumanisation liée à l’usage des nouvelles technologies »*.
 
8. La performance économique domine
L’enquête Ifop met en valeur quelques fondamentaux qui demeurent des marqueurs pour l’entrepreneuriat de demain. Première valeur cardinale : la finalité économique de l’entreprise. La totalité des dirigeants d’entreprise interrogés considèrent ainsi comme importante *« la qualité du service rendu au client »*. Signe que le modèle prééminent demeure la relation commerciale et la nécessité de conforter l’activité de l’entreprise pour la pérenniser.

La création de richesse n’est cependant pas une fin en soi mais un moyen de satisfaire les besoins du collectif. Les entrepreneurs ont soif de reconnaissance sociale : plus de 30 % d'entre eux aspirent à être reconnus par leurs pairs (*« être une référence dans son secteur »*) et par leurs salariés, les dirigeants des grandes entreprises privilégiant la reconnaissance des pairs, et ceux des petites entreprises celle de leurs salariés.
 

 

 


 

 


 

 


 

 


 
Partager :  

acces directs

Ma banque populaire régionale