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Couverture des matières premières

Pour se protéger des variations de cours via la couverture des matières premières, les entreprises ont à leur disposition trois outils financiers distincts : le swap, l’option et le tunnel.

Expertise : swap, option, tunnel


 

​30/10/2015

 

 

Couverture des matières premières : comment procéder ?

 

 

  1. Le swap

    Matières premièresReprésentant environ 70 % des opérations de couverture, le swap est de très loin l’instrument le plus utilisé par les entreprises en matière de protection car il est sans coût à la mise en place. Plaçons-nous dans le cas fictif d’un industriel, la société X. SA ayant besoin d’acquérir du nickel. Son intérêt consiste ici à figer pour une période donnée le prix d’achat de cette matière première afin de se couvrir contre les risques de hausses de cours trop importantes.

    En concluant avec sa banque un contrat de swap, X. SA paiera son nickel au prix préalablement fixé F. Lorsqu’elle recevra la matière, elle paiera certes le prix variable V à son fournisseur mais, si V est supérieur à F, il recevra la différence entre le prix V et le prix fixe F de la banque avec qui il a noué le contrat de swap (a contrario, il paiera à la banque la différence entre F et V (F – V) si F est supérieur à V). Ainsi, même si le prix variable V est supérieur au prix fixe F, X. SA ne subira pas les conséquences de cette hausse des cours.


  2. L'option

    Si elle le souhaite, la société X. SA peut également privilégier le mécanisme de l’option. Il s’agit dans ce cas de s’acquitter du prix réellement constaté de la matière première au moment de la livraison, sauf si celui-ci a dépassé un plafond préalablement défini avec sa banque via l’achat d’une option. Imaginons l’option A avec un cours plafond acquise par X. SA auprès de sa banque. Le jour où X. SA devra payer son fournisseur de nickel, elle paiera le cours réel constaté si celui-ci est inférieur à 15 000 euros, mais uniquement 15 000 euros si celui-ci est supérieur à ce plafond préalablement défini.

    Étant donné la forte volatilité des cours de certaines matières premières (celui du pétrole a par exemple oscillé de 39 dollars à 128 dollars entre janvier 2009 et octobre 2015), une telle forme d’assurance atteint souvent des prix prohibitifs. C’est la raison pour laquelle le mécanisme de l’option ne représente pas plus de 5 % des opérations de couverture actuellement.


  3. Le tunnel

  4. Le tunnel fonctionne selon le même principe que celui de l’option, si ce n’est que la société X. SA vend cette fois à sa banque une option B avec un cours plancher de manière à compenser le coût élevé de l’achat de son option A avec un cours plafond.
    Reprenons le cas fictif de la commande de nickel effectuée par X. SA, puis supposons le plafond de l’option A défini à 15 000 euros et le plancher de l’option B défini à 10 000 euros. Le jour où X. SA devra payer son fournisseur, trois possibilités se présenteront :
      • Le cours réel est de 12 500 euros (ou tout autre cours compris entre 10 000 et 15 000 euros) : X. SA paye sa matière première au cours de 12 500 euros.
      • Le cours réel est de 18 000 euros (ou tout autre cours supérieur à 15 000 euros) : X. SA paye sa matière première au cours de 18 000 euros, mais sa banque lui rembourse 3000 euros.
      • Le cours réel est de 8 500 euros (ou tout autre cours inférieur à 10 000 euros) : X. SA paye sa matière première au cours de 8 500 euros, mais il doit à sa banque 1 500 euros.
     
    On voit donc que l’idée sous-jacente au principe du tunnel est un outil à prime nulle de manière à minimiser le coût de cette couverture. Cela lui vaut d’être utilisé dans environ 25 % des cas.
     
    Réalisé avec la contribution de Philippe Priaulet, responsable Vente de couvertures et placements au sein de Natixis BGC(1).
     
     
    (1) La Banque de Grande Clientèle de Natixis conseille et accompagne les entreprises, les investisseurs institutionnels, les compagnies d’assurance, les banques et les entités du secteur public.

     
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