Octobre Rose : Lydie Rocheteau témoigne pour sensibiliser au cancer du sein
À l’occasion d’Octobre Rose, plusieurs actions de sensibilisation sont proposées aux collaborateurs de Banque Populaire Grand Ouest. Parmi elles, une conférence en visioconférence animée par Lydie Rocheteau, banquière privée, qui aura lieu le 15 octobre. Diagnostiquée d’un cancer du sein à 45 ans, elle a souhaité partager son expérience pour parler de prévention et encourager le dialogue autour de la maladie.
Vous avez souhaité intervenir dans le cadre d’Octobre Rose. Qu’est-ce qui vous a donné envie de prendre la parole ?
Quand j’ai vu passer les informations sur les actions prévues pour Octobre Rose sur notre intranet, je me suis dit qu’il fallait absolument que j’intervienne !
Pour ma part, je n’ai eu aucun symptôme avant de faire cette mammographie. Pourtant, je faisais des mammographies depuis mes 40 ans : c’était ma troisième. Et je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup de symptômes que je ne connaissais pas. Depuis, j’ai aussi eu ma témoin de mariage et une autre amie touchée par un cancer en l’espace de six mois. Je ne serai pas la dernière, donc c’est pour cela qu’il faut en parler.
C’est donc avant tout mon histoire que j’ai envie de partager. Je veux en faire une force et l’utiliser pour en faire de la prévention.
Comment s’organise cette conférence ?
La conférence portera sur le cancer du sein, à partir de mon expérience. Je vais notamment parler de prévention, des symptômes qui peuvent alerter et de l’importance de l’autopalpation. Je prévois aussi de diffuser une courte vidéo sur le sujet, ainsi qu’un support présentant différents symptômes possibles.
Pour cela, je m’appuie notamment sur les supports de sensibilisation de l’association Jeune & Rose, qui m’ont beaucoup aidée dans mon parcours et que je trouve très bien expliqués.
Dans mon cas, je n’ai pas eu de signe particulier, à part des sueurs nocturnes que j’avais mises sur le compte de la ménopause. C’est pour cela qu’il faut être attentif et connaître les différents symptômes. Il ne faut pas attendre d’avoir une grosseur pour consulter.
Je souhaite également insister sur l’importance de prendre rendez-vous et de ne pas renoncer face aux délais. Une cliente m’a récemment expliqué qu’elle avait senti une grosseur et qu’elle avait dû attendre quatre mois pour obtenir une mammographie. C’est énorme. Si j’avais moi-même décalé mon rendez-vous de deux ou trois mois, peut-être que je ne serais plus là aujourd’hui.
La présentation durera environ vingt minutes. Le reste du temps sera consacré aux échanges avec les collaborateurs et aux questions. L’objectif est de parler de prévention, mais aussi de permettre aux personnes présentes de mieux comprendre ce que l’on peut vivre lorsqu’on est confronté à la maladie.
Vous avez traversé plusieurs étapes, du diagnostic aux traitements. Qu’est-ce qui a été le plus difficile dans ce parcours ?
Le plus dur, c’est l’avant. L’annonce. Quand on sait qu’il y a quelque chose sur la mammographie, on entre dans une période compliquée.
Le 6 novembre, après ma mammographie, j’avais une journée au Vendée Globe avec des clients. J’ai fait comme si de rien n’était. Je ne sais même pas comment j’ai réussi à faire la route entre Montaigu et Les Sables-d’Olonne. J’ai fait ma journée et, le lendemain, j’étais encore sur le stand Banque Populaire Vendée Globe.
J’ai eu ma première biopsie le 13 novembre. Après plusieurs examens, ils ont découvert deux autres tumeurs. Au départ, on m’a dit qu’elles n’étaient pas cancéreuses, mais les analyses ont finalement confirmé que les trois l’étaient. J’ai ensuite suivi seize séances de chimiothérapie, puis une mastectomie avec reconstruction immédiate et trente-cinq séances de radiothérapie.
Quand on est dans les traitements, on est suivi, on voit régulièrement les médecins. Mais l’annonce est particulièrement difficile. Il faut aussi annoncer la maladie à ses enfants, à ses proches, à ses collègues, à ses clients… Pour moi, c’était aussi compliqué de savoir comment en parler au travail. C’était mon premier arrêt de travail, en dehors de mes grossesses, et je ne savais même pas comment cela fonctionnait.
Une fois dans les traitements, on n’a finalement qu’une hâte : revenir au travail. Le travail, c’est la santé, ça, c’est sûr. Je m’en suis encore davantage rendu compte pendant cette période.
Quel accompagnement avez-vous reçu de la part de Banque Populaire Grand Ouest pendant cette période ?
J’ai notamment pu bénéficier d’un accompagnement psychologique. Sur l’intranet, il y a un dispositif lié à la qualité de vie au travail avec un numéro permettant de contacter un psychologue. Cela m’a beaucoup aidée, notamment après les premières analyses et les biopsies.
J’ai également bénéficié, grâce à la mutuelle de l’entreprise, de deux heures de ménage par semaine pendant mes séances de chimiothérapie et de radiothérapie. Ce sont des petites choses, mais cela facilite vraiment la vie. Pendant cette période, j’étais incapable de m’occuper de tout à la maison.
Pour le retour au travail, j’ai d’abord rencontré la médecine du travail. Je voulais reprendre, mais on m’a demandé d’attendre. J’ai finalement repris en mi-temps thérapeutique de fin janvier à fin juin, avec trois jours de travail et deux jours de repos par semaine. Cela m’a vraiment fait du bien. J’ai progressivement vu la fatigue diminuer. Sur cet accompagnement, la banque a été au top. J’ai ensuite repris à temps plein début juillet.
Cette expérience m’a aussi fait prendre conscience qu’il pouvait manquer un maillon dans la chaîne pour accompagner les personnes confrontées à la maladie. Si je peux aider d’autres collaborateurs, je le ferai. J’ai d’ailleurs dit aux ressources humaines que, s’il fallait un référent, j’étais prête à le faire bénévolement.
Quel message souhaitez-vous que les collaborateurs retiennent de cette rencontre ?
Le moindre symptôme ou le moindre doute, il faut consulter. Il ne faut pas attendre d’avoir une grosseur. C’est parfois compliqué d’avoir des rendez-vous, mais il faut insister.
Il faut aussi parler de l’autopalpation et savoir comment la pratiquer. Et puis, quand on est confronté à la maladie, il ne faut pas rester seul. Je conseille notamment de se rapprocher de la Ligue contre le cancer, qui propose beaucoup de soins de support. J’ai fait du yoga, participé à différentes activités et cela m’a beaucoup aidée.
Je souhaite surtout qu’il y ait davantage de témoignages et de soutien entre les personnes. Plus il y aura de témoignages, plus il y aura de prévention et plus il y aura de soutien entre les personnes. C’est vraiment cela que je souhaite transmettre.
Sensibiliser et agir ensemble
Chaque année, le mois d’octobre est consacré à la sensibilisation au cancer du sein et à l’importance du dépistage. À cette occasion, Banque Populaire Grand Ouest met en place plusieurs actions auprès de ses collaborateurs afin de favoriser l’information, la prévention et les échanges autour de la maladie.
Cette année, plusieurs initiatives ont été proposées dans différents sites de la banque. Le 24 septembre, des ateliers d’autopalpation animés par l’association La Parenthèse ont été organisés sur les sites centraux de Nantes et d’Angers. L’objectif : mieux connaître son corps et adopter les bons gestes.
Le même jour, à Saint-Grégoire, l’association Maison Jaïa a proposé une conférence consacrée à la vie après un cancer, pour aborder une période souvent moins évoquée du parcours.