Passer au contenu principal

Placements financiers


 

Le 26/11/2020

 

Assurance vie, private equity et ISR : à considérer sur le long terme

 
Malgré l’incertitude causée par la Covid-19, les Français disposent de plusieurs solutions de placement, à condition de s’inscrire dans la durée.
 



Si la crise sanitaire a modifié les habitudes et le quotidien des Français, qu’en est-il en matière d’épargne ? « Au printemps, la baisse des marchés financiers n’a pas inquiété nos clients chefs d’entreprise plus que de raison, souligne Laurence Caillaud, directrice d’un centre d’affaires à la Banque Populaire Grand Ouest. Certains y ont même vu une opportunité d’investir et n’ont pas eu à le regretter au regard de la progression des indices. » Un constat partagé par Christophe Daniel, ingénieur patrimonial à la Banque Populaire Grand Ouest : « Il y a eu un effet d’aubaine. Certains clients privés en ont profité pour investir sur les marchés, parfois pour la première fois, voire renforcer leurs positions. » Les préoccupations étaient surtout d’ordre économique en lien avec l’envolée de la dette de l’État au gré des annonces des mesures de soutien à l’économie ; avec, comme crainte, de voir leur épargne taxée pour financer cette dette, et plus largement le blocage des rachats, avances et arbitrages de leur fonds en euros comme le permet la loi Sapin 2. « Pendant le confinement, il s’agissait de rassurer nos clients en leur expliquant qu’une hausse de la dette n’était pas synonyme de hausse d’impôts », raconte Laurence Caillaud. Aujourd��hui, après un rebond significatif des marchés, les clients se demandent s’il n’est pas trop tard pour investir, estimant que certains secteurs sont survalorisés et ne tiennent pas assez compte des conséquences de la Covid-19 sur l’économie. « On retrouve une forme d’attentisme qui prévalait en début d’année », note Christophe Daniel. D’autant que les marchés restent très volatils et qu’une nouvelle correction n’est pas à exclure. « Mais en gardant à l’esprit un horizon d’investissement à moyen-long terme, le contexte apparaît plus propice pour investir qu’en fin d’année 2019 », estime Laurence Caillaud. 
 

Assurance vie

 
L’assurance vie fait grise mine puisqu’elle enregistre une collecte nette de - 7,3 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de l’année, selon la Fédération française de l’assurance. « Le triptyque rentabilité-sécurité-liquidité du fonds en euros séduit moins, explique Christophe Daniel. Il est mis en concurrence avec des placements monétaires qui rémunèrent presque autant et qui offrent aussi une garantie en capital. » Et en période d’incertitude, les épargnants sont aussi moins enclins à se porter sur des unités de compte (UC). Côté chefs d’entreprise, « pour beaucoup d’entre eux, l’argent arrive sur des sociétés holding soumises à l’impôt sur les sociétés, indique Laurence Caillaud. Or, celles-ci n’ont pas les mêmes contraintes pour souscrire un contrat que les personnes physiques. » Résultat : les holdings placent leurs liquidités sur un livret pour en disposer comme bon leur semble et privilégient le compte-titres plutôt que les UC pour l’épargne financière. Néanmoins, l’assurance vie reste incontournable dans une stratégie patrimoniale et s’inscrit parfaitement dans une optique de placement à moyen-long terme. Pour être à nouveau attractif, le fonds en euros doit continuer à se réinventer. « Les réflexions portent, entre autres, sur une formule hybride combinant garantie partielle et rendement supérieur », indique Christophe Daniel. À l’image des UC dont « la gestion financière est de plus en plus fine, et l’offre constamment enrichie afin de proposer aux clients de nouvelles sources de diversification et de rendement comme, par exemple, le private equity », déclare Laurence Caillaud. 
 

Financer les entreprises

 
En effet, le private equity  ou capital-investissement consiste principalement à prendre des participations au capital de sociétés non cotées en bourse, le plus souvent des TPE/PME et ETI. Cette classe d’actifs est donc décorrélée des marchés. Et à l’heure où les investisseurs sont en quête de rendement, elle est une solution à explorer puisqu’elle délivre des taux de rentabilité interne (TRI) élevés : 11,4 % de performance annuelle entre 2005 et 2019, contre 6 % pour le CAC 40(1). « Le private equity a donc toute sa place dans une allocation d’actifs sous réserve de diversifier ses placements et d’accepter une période de blocage de son épargne, un risque d’illiquidité et de perte en capital », prévient Laurence Caillaud. Par ailleurs, investir en direct dans de telles sociétés, ou souscrire des parts de fonds spécialisés, c’est participer au financement de l’économie réelle tout en donnant du sens à son épargne. 
 

ISR : une tendance de fond

 
En banque privée, les clients sont en effet très soucieux de la manière dont leur épargne est allouée. « Cela se traduit par une prise en compte de plus en plus prégnante des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans leurs investissements », observe Christophe Daniel. « C’est une vraie tendance de fond au regard des enjeux de long terme de développement durable et des gammes de produits dédiés qui ne cessent de s’enrichir, souligne Laurence Caillaud. Il est ainsi possible de construire un portefeuille dont la démarche ESG est intégrée à sa gestion et qui exprime les convictions des clients. » Et ce, sans sacrifier la performance. « Les fonds qui ont le mieux performé cette année intègrent une dimension ESG forte », remarque Laurence Caillaud. Une approche qui, à terme, devrait se généraliser. Tout comme la capacité de mesurer l’impact des investissements réalisés par les épargnants afin de pouvoir leur expliquer concrètement à quoi ils ont servi. 
 
Dans des marchés encore très volatils, « il convient d’être sélectif et réactif, ce que permet une gestion sous mandat », recommande Christophe Daniel. Sans oublier les deux fondamentaux des marchés financiers : investir dans la durée et de manière lissée.


(1) Source : Performance nette des acteurs français du capital-investissement à fin 2019 - France Invest / EY

 

Découvrez d’autres articles de la dernière e-news Synthèses


 

 


 

 


 

 


 

 


 
Partager :  

acces directs

Ma banque populaire régionale