Passer au contenu principal

Motiver la génération Y


 

​09/05/2016

Les défis de la motivation des nouvelles générations de salariés


Catherine Barba livre sa réflexion sur les défis de la motivation des nouvelles générations de salariés à l'appui d'exemples concrets.

La génération Y "bouge les lignes" et nous oblige à exploiter des idées innovantes en matière de ressources humaines. Et ce ne sont que les prémices : d’ici 2025 cette génération Y représentera 75 % des actifs dans le monde ! Il y a surtout un phénomène qui monte en puissance et que personne ne peut ignorer : c’est l’appétit nouveau pour l’entrepreneuriat, le besoin d’exprimer ses envies, de libérer son talent, de porter un projet individuel pour avoir prise sur le monde et plus seulement le subir.

Avec le digital, l’économie a résolument changé, la manière de créer de la valeur. Aujourd’hui, il suffit d’un ordinateur et d’une connexion internet pour travailler de partout et n’importe quand et créer sa boîte ! Le corollaire de cette tendance est que le modèle du salariat traditionnel ne fonctionne plus. Si la fameuse génération Y l’exprime plus facilement, l'aspiration de chacun à un nouveau rapport au travail, à d’autres formes de management et d’organisation des entreprises est en train de se révéler.

Exemples et bonnes idées à retenir :

1. DANONE
Danone répond à la quête de sens des jeunes générations en soutenant des projets "d’intrapreneurs sociaux" à travers sa structure Danone Communities qui, depuis 2007, finance et développe partout dans le monde  des entreprises locales tournées vers des objectifs sociaux : favoriser l'accès à l'eau et faire reculer la malnutrition. Ce soutien passe à la fois par de l'investissement financier et un accompagnement technique grâce à un réseau d'experts engagés. Tous les salariés de Danone sont invités à s’y impliquer.
 
2. SODEXO
Sodexo propose des ateliers méditation à ses salariés. Le groupe Casino le fait aussi depuis 2011, SAP depuis 2013, Sodexo et Alma Consulting Group depuis un an. L’initiative vient à l’origine des salariés eux-mêmes.
L’idée de faire de la méditation émane de la directrice des ressources humaines qui a développé des programmes de formation à la méditation de 7 séances, à raison de 3 heures par semaine, sur le temps de travail, de 15h à 18h (avec possibilité de rentrer directement chez soi après) pendant 3 mois, pour les salariés volontaires.
« Pour la première session, 12 personnes se sont inscrites, managers et non managers, raconte-t-elle. La deuxième fois, on avait davantage de managers, ce qui nous a poussés à proposer un programme spécial pour le comité exécutif : 5 séances de 2 heures à des heures un peu plus tardives. »

« Méditer permet de développer l’empathie, la bienveillance, la justesse dans la prise de décision et l’acceptation », explique Sébastien Henry, formateur chez Sodexo et auteur de "Ces décideurs qui méditent et s’engagent". C’est aussi un facteur de réduction du stress et de bien-être. Avant et après 21 heures de formation à la méditation, 8 salariés de chez Sodexo ont répondu à un questionnaire. Selon les résultats, la méditation a fait grimper leur bien-être de 27 %.

« Si vous faites entrer la méditation dans votre entreprise, vous engagez une évolution, un changement, vers d’autres modes de fonctionnement », promet Thierry Janssen, ex chirurgien urologue et psychothérapeute.

« En transformant et en développant d’autres valeurs, les salariés améliorent leur bien-être », corrobore Lionel Strub, docteur en psychologie et enseignant-chercheur au sein de la chaire Mindfulness, bien-être au travail et paix économique de Grenoble. « Les bénéfices sont importants pour le leadership, l’innovation et la créativité et c’est bon pour les performances des entreprises ».
 
3. CASINO
Casino a récemment créé avec l'université Jean Monnet de Saint-Etienne un module sur le management bienveillant. La bienveillance est le socle du nouveau DRH groupe Yves Desjacques. Avec le médecin Philippe Rodet, spécialiste sur le sujet du stress au travail, ils ont défini les conditions pour exercer un management cordial et indulgent.

Sur le fond, rien de révolutionnaire : on apprend aux managers à encourager les efforts du salarié, féliciter et partager ses réussites, écouter et étudier ses suggestions, donner le sens et surtout fixer des objectifs atteignables. En définitive, on lui apprend à encadrer, accompagner, faire grandir sans stresser.

Ce n’est pourtant pas si anodin, car il y a des réflexes profondément ancrés chez les managers, la gestion de projet par le stress timing. « La diminution du temps alloué à l'exécution d'une mission augmente la tension et non la productivité et l'efficacité », alerte Philippe Rodet. S'appuyant sur le concept du « flow », élaboré par le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi, exploité notamment par l'industrie des jeux électroniques, il rappelle que le niveau de difficulté doit s'adapter selon le joueur, afin de porter sa progression et son plaisir au jeu, et non l'inverse.

Ces exemples montrent avec évidence l’impact primordial des conditions de travail et des relations humaines sur la performance de l’entreprise.

 

 


 

 


 

 


 

 


 
Partager :  

acces directs

Ma banque populaire régionale