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L'ubérisation


 

​16/12/2015

 

L’ « ubérisation » est-elle évitable ?

 
Un secteur est « ubérisable » quand la valeur ajoutée qu'il propose se situe ailleurs que sur son activité principale. C’est pourquoi l’activité principale d’un taxi – la mobilité – a pu être facilement remplacée certes par Uber mais aussi par Blablacar et d’autres transports de type Vélib’, Autolib’ ; et celle proposée par un hôtel – dormir dans un lieu plutôt propre, confortable et sécurisé – remplacée par Airbnb. Tout comme la location de véhicule avec OuiCar, l’éducation avec les Massive Open Online Course ou le financement à travers le crowdfunding.
L’ « ubérisation » est d’autant plus possible que les intervenants historiques regardent les nouveaux entrants comme un cobra face à une mangouste, donnant ainsi raison à l’économiste Joseph Schumpeter qui, dès 1942 dans Capitalisme, socialisme, démocratie, expliquait que « le nouveau ne sort pas de l’ancien, mais apparaît à côté de l’ancien, lui fait concurrence jusqu’à le ruiner ». Et si l’on considère que la digitalisation joue un rôle important dans cette nouvelle économie, il faut comprendre qu’elle n’est qu’un outil et non une fin. La finalité est la valeur ajoutée oubliée par les « historiques » : vivre une expérience unique lorsqu’on passe une nuit hors de chez soi, être considéré comme un client dans une voiture qui nous conduit, comprendre pleinement l’investissement que l’on est en train de réaliser ou encore participer activement à la construction d’un enseignement.
Oui, l’« ubérisation » est évitable, mais si et seulement si les acteurs traditionnels ne sont pas effrayés par leurs nouveaux concurrents et saisissent enfin quelle est leur véritable valeur ajoutée.

 

 


 

 


 

 


 

 


 
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