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Financer l’innovation dans sa globalité


 

​22/06/2016

Financer l’innovation dans sa globalité

 
L’accompagnement financier des entreprises innovantes se centre d’abord sur l’investissement technologique et industriel. Mais il faut également financer en amont leur capacité de R&D et, en aval, leurs efforts marketing et commerciaux pour soutenir leur croissance. En leur apportant si besoin une aide au recrutement de nouvelles compétences.
 
 

Guyot Environnement : des besoins de financement en R&D pour faire face aux contraintes réglementaires

L’innovation n’est pas l’apanage des start-up. Premier exemple avec l’entreprise Guyot Environnement, créée il y a plus de 30 ans sur le port de Brest. Cette société n’est pas une jeune pousse mais elle n’en est pas moins innovante. La PME industrielle (80 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, 240 salariés) qui collecte et valorise des métaux ferreux et non ferreux s’est développée à la grande époque de la construction navale.
Aujourd’hui, elle est un maillon essentiel de la politique régionale environnementale, avec le broyage de véhicules hors d’usage et le recyclage. « C’est une entreprise qui doit innover constamment dans ses process industriels pour faire face aux contraintes réglementaires », explique Jérôme Vimont à la direction des Grandes relations entreprises de la Banque Populaire de l’Ouest. Pour se conformer à la réglementation, le groupe Guyot a misé sur la recherche et développement (R&D) en investissant, à Brest, dans une nouvelle ligne de tri et d’affinage des matières. « Cette ligne de "post-broyage" a demandé deux ans de mise au point pour la réalisation d’un prototype unique en Europe, pour un investissement de 8 millions d’euros », explique Erwan Guyot, président du groupe. À la clé, un outil qui permet de recycler 95 % des véhicules hors d’usage comme l’impose désormais la législation. « À Brest, nous pouvons traiter 20 000 tonnes de résidus de broyage de véhicules – joints, sièges, tableaux de bord – transformés en granulats qui servent de combustibles alternatifs aux énergies fossiles, avec pour objectif le zéro enfouissement », souligne avec fierté l’industriel. « Le groupe Guyot Environnement est un client historique du Crédit Maritime Bretagne-Normandie, notre filiale, explique Jérôme Vimont. Dans le cadre de cet important programme, la Banque Populaire de l’Ouest a pris le relais pour accompagner notre client commun en lui mettant à disposition un prêt Innov&Plus. »

 
Ce complément de financement a été réalisé en partenariat avec EDF Optimal Solutions(1).
« Nous avons l’habitude d’intervenir aux côtés d’investisseurs institutionnels », précise Jérôme Vimont. Ce prêt n’est qu’une des facettes de l’accompagnement global du réseau Banque Populaire pour Guyot Environnement, puisque Ouest Croissance, filiale de capital développement de la Banque Populaire de l’Ouest, est entrée au capital de la PME bretonne courant 2014. Objectifs : l’aider à financer la création à Morlaix d’un nouveau centre de tri des déchets industriels banals et des encombrants des collectivités, et produire un combustible issu du traitement de ces déchets pour atteindre un taux minimal de 60 % de valorisation de la matière en production d’énergie contre 15 % aujourd’hui.
 

Qwant : des investissements techniques et des embauches nécessaires pour développer la pépite du web

Nouvel exemple avec la société Qwant, un des fleurons hexagonaux de la nouvelle économie. La start-up parisienne créée en 2011 s’affirme en effet ni plus ni moins comme un concurrent direct de Google. Son ambition : créer un moteur de recherche européen interdisant la traçabilité des internautes.
Jean-Manuel Rozan et Éric Léandri, les cofondateurs, ont mis plus de deux ans pour déployer leur projet en ligne. « Nous avons choisi de faire un outil grand public, explique Jean-Manuel Rozan. Il nous a fallu d’abord investir dans la technologie, dans l’ergonomie, pour construire le trafic et l’audience. Désormais, nous allons pouvoir monétiser notre site qui enregistre plusieurs millions de visites par mois et qui se classe déjà parmi les 5 000 premiers sites mondiaux. »
Cette pépite, Jean-Patrice Roiné, conseiller clientèle Entreprises à la Banque Populaire Val de France, l’a repérée sur les ondes de la radio BFM Business. « J’ai immédiatement contacté les deux dirigeants pour savoir quels étaient leurs besoins, se souvient Jean-Patrice Roiné. Ils avaient beaucoup d’investissements à réaliser dans la R&D et la communication. Je leur ai proposé un prêt Innov&Plus qui permet de financer des immobilisations incorporelles à moyen terme, comme un investissement commercial ou des embauches. » À l’époque, Qwant finalise une levée de fonds avec le groupe allemand Axel Springer qui va prendre 20 % du capital de la jeune pousse pour 5 millions d’euros. « Les fonds propres sont importants, mais il est parfois judicieux de les associer à de l’endettement pour aider une entreprise à se développer », précise Jean-Patrice Roiné, satisfait d’avoir été au démarrage de la start-up.
« Le prêt de la Banque Populaire est arrivé au bon moment, en relais de l’augmentation de capital, précise Jean-Manuel Rozan. Il nous a permis de financer des dépenses de développement, de la technique et le recrutement de nouveaux ingénieurs. Mais l’accompagnement de la Banque Populaire ne s’est pas limité à cet apport de fonds : elle nous a soutenus avec un découvert autorisé en attendant que les financements se mettent en place, et elle nous conseille sur le placement de notre trésorerie. » En l’espace de trois ans, Qwant est passée de 12 à 50 salariés et a développé un nouveau moteur de recherche, « Qwant Junior ».
La start-up vient d’obtenir 25 millions d’euros de la Banque européenne d’investissement (BEI) sous forme d’un prêt convertible en actions et s’apprête à réaliser une nouvelle levée de fonds d’environ 25 millions d’euros également, à laquelle Jean-Manuel Rozan souhaiterait que le réseau Banque Populaire s’associe.
 

Fruition Sciences : des prêts adaptés pour accompagner une application internet à succès

Autre start-up prometteuse, la société Fruition Sciences a elle aussi reçu à sa création le soutien d’une Banque Populaire. Seule différence, la jeune pousse qui plantait ses racines dans le terroir languedocien en 2009 existait déjà depuis deux ans outre- Atlantique. Fruition a en effet été créée en 2007 par deux ingénieurs français, Sébastien Payen et Thibaut Scholasch, en Californie. « Nous avons développé une application internet qui permet aux viticulteurs et aux oenologues d’optimiser leurs ressources et leur production en veillant à la qualité du raisin et en augmentant les rendements, explique Sébastien Payen.
Nous traitons des données d’origines diverses – météo, maturité du raisin, observations du vignoble, visions aériennes, données satellitaires – pour établir un tableau de bord et aider à la prise de décision, par exemple pour la date des vendanges ou la mise en irrigation. » Lors de son implantation à Montpellier où se trouve son centre de R&D, l’entreprise était déjà rentable aux États-Unis. En France, elle s’est d’abord développée en autofinancement et avec l’aide de prêts d’honneur, puis avec des prêts bancaires de petits montants.
« Fruition est notre client depuis sa création, se félicite Frédéric Planche, responsable Développement entreprises innovantes de la Banque Populaire du Sud à Montpellier.
Nous leur avons accordé de petits prêts sans caution à leur démarrage pour l’achat de matériels, 50 000 euros en 2012 sous forme d’un prêt Jeremie(2) avec la garantie du Fonds européen d’investissement (FEI), 40 000 euros en 2014 avec un prêt Socama (société de caution mutuelle artisanale) et, là aussi, la garantie du FEI. En septembre 2015, leurs besoins ont évolué pour développer une nouvelle version de leur plateforme internet. Pour cela, ils devaient recruter. »
« Pour chaque prêt, nous avons été parfaitement conseillés en fonction de nos besoins, indique Sébastien Payen. Là, il nous fallait recruter deux ingénieurs en informatique pour pouvoir continuer nos efforts d’analyse des données. »
La solution est venue d’un prêt Innov&Plus, bénéficiant de la garantie du FEI à hauteur de 50 %. « Avec un tel prêt, l’entreprise peut financer 100 % du besoin en fonds de roulement sans être obligée de lever des fonds », souligne Frédéric Planche. Ce que, pour l’heure, Fruition Sciences s’est refusée à faire.
« Le prêt Innov&Plus est très facile à utiliser, il reflète la bonne compréhension par la banque de ce qu’est une start-up et sa volonté d’accompagner notre croissance en ne prenant pas uniquement comme référence des indices de performance financière. Bref, une façon de faire un peu à l’américaine. » Dans la bouche d’un Français implanté à deux pas de la Silicon Valley, c’est, à n’en pas douter, un fameux compliment.
 
 
Innov&Plus bénéficie du mécanisme de garantie « InnovFin SME Guarantee Facility » avec l’appui financier de l’Union européenne grâce aux instruments financiers Horizon 2020 et au Fonds Européen pour les investissements stratégiques (FEIS) établi par le plan d’investissement pour l’Europe. Le but du FEIS est d’aider à soutenir le financement et l’implantation d’investissements productifs dans l’Union européenne et de s’assurer du développement de l’accès au crédit.
 
1. Optimal Solutions est une filiale à 100 % de Dalkia (groupe EDF) spécialisée dans l’éco-efficacité énergétique des entreprises et des collectivités.
2. Prêt garanti à hauteur de 80 % par le fonds Jeremie (Joint European Resources for Micro to Medium Enterprises) de l’Union européenne.

Copyright visuel : Grady Coppell/Getty Images

 

 


 

 


 

 


 

 


 
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