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Transmettre un bien professionnel


Plus de 12 000 PME et PMI changent de mains chaque année. Les dirigeants sont parfois insuffisamment préparés. Anticiper cette cession d’entreprise est pourtant un acte de gestion fondamental sur le plan professionnel et patrimonial.

 

15/06/2015

 

Transmission d’entreprise : comment les dirigeants doivent-ils s’y préparer ?

 
Transmettre un bien professionnel« La phase de préparation est toujours la plus importante. » Pour Hubert de Feydeau, directeur d’Ouest Ingénierie Financière à la Banque Populaire Atlantique, spécialiste de la transmission d’entreprise, c’est avant tout la motivation du dirigeant qui explique le succès – ou l’échec – des opérations de cession. La sanction est loin d’être anecdotique : selon BPCE L’Observatoire, plus de la moitié des 3 506 disparitions annuelles d’entreprises « sans cause apparente » s’expliquerait par un défaut de repreneur.

Un acte normal de gestion

Si le chef d’entreprise échoue à trouver une solution de reprise, c’est souvent faute de s’être préparé suffisamment tôt à cette éventualité. Pourtant, tous les spécialistes s’accordent sur ce point : transmettre ou céder son entreprise doit être considéré comme un acte normal de gestion. Même s’il revêt un caractère singulier – et sans doute exceptionnel dans la vie d’un dirigeant –, cet événement peut survenir à n’importe quel moment et pas nécessairement lorsque le chef d’entreprise commence à songer à la retraite… « Près de 60 % des cessions interviennent alors que le dirigeant est âgé de moins de 55 ans », explique Hubert de Feydeau, qui insiste pour que l’entreprise soit préparée le plus tôt possible à un éventuel changement d’actionnaires.
 

Evaluer son outil de travail

Mener une réflexion sur l’organisation et la valorisation de son outil de travail afin d’en faciliter la transmission est une opération bénéfique à tous points de vue. L’objectif d’une vente future permet d’imaginer les stratégies optimales sur le plan patrimonial et les moins coûteuses. Il donne aussi au dirigeant l’occasion de s’interroger sur sa position au sein de l’entreprise, dont il détient souvent toutes les manettes de contrôle, et donc d’imaginer comment et vers qui organiser le transfert de ses savoir-faire. Plus globalement, l’analyse des forces et des faiblesses de la société va souvent conduire le chef d’entreprise à prendre les mesures correctrices qui s’imposent, augmentant de ce fait la valeur de son actif professionnel.
 

Réaliser un diagnostic réaliste

Cet « audit pré-cession » ne sera toutefois efficace que si le dirigeant se pose les bonnes questions. Le champ des interrogations ne se limite alors pas au seul domaine professionnel. « La dimension psychologique ne doit pas être sous-estimée, il est impératif que le chef d’entreprise soit totalement en phase avec son objectif de cession », souligne Karen Jolly-Doyennel, rédactrice patrimoniale à la BRED Banque Privée. Est-il réellement prêt à arrêter de travailler ou à changer d’activité ? Quel est son projet personnel post-cession ? Quel type de relation souhaite-t-il conserver à terme avec son entreprise ? À ces questions personnelles, il convient d’ajouter des problématiques patrimoniales. Une analyse patrimoniale globale de la situation présente et future du dirigeant est indispensable, afin d’imaginer les solutions juridiques, financières, fiscales et sociales qui lui assureront ses revenus post-cession.
 

Savoir s’entourer

La complexité de la démarche et la maîtrise de certains aspects techniques imposent également que le chef d’entreprise sache s’entourer de professionnels compétents. « Trois types d’expertises sont réellement indispensables : comptable, juridique et fiscale ; et, bien entendu, financière », considère Hubert de Feydeau. L’expert-comptable, qui connaît intimement l’entreprise, joue un rôle important dans la phase de valorisation et de préparation de la structure à la transmission. « C’est souvent lui qui organise la sortie de l’immobilier professionnel vers une structure personnelle, type SCI, lorsque cet actif est logé dans la société d’exploitation », explique Hubert de Feydeau. L’avocat ou le conseil fiscal apporte quant à lui un éclairage spécifique, surtout lorsque l’entreprise est cédée en dehors du cadre familial. « Ces opérations sont plus complexes, notamment sur le plan fiscal et exigent que le cédant s’entoure de toutes les précautions possibles », poursuit le directeur d’Ouest Ingénierie Financière.
 

Le CGP intervient à toutes les étapes de transmission

Enfin, l’expert financier peut intervenir à toutes les étapes de la transmission. En amont, il accompagne le chef d’entreprise dans sa réflexion patrimoniale et le conseille dans le mode de cession à privilégier. En aval, il est en mesure de trouver les financements – en fonds propres ou sous forme d’emprunts – nécessaires au montage de l’opération. « Quelle que soit la solution retenue – interne ou externe –, il faut organiser la solvabilité des repreneurs. Pour une cession se déroulant dans un cadre familial, il s’agit de fournir des liquidités aux actionnaires familiaux qui ne sont pas associés à la direction de l’entreprise. S’il s’agit d’une cession à un cadre de l’entreprise, il faut alors éventuellement trouver des partenaires extérieurs, fonds d’investissement ou autres, pour compléter le dispositif », explique Hubert de Feydeau. Le conseiller en gestion de patrimoine intervient également sur le plan financier en matière de placement et d’optimisation du patrimoine post-cession. « C’est notre rôle de nous projeter dans la situation du dirigeant redevenu tout simplement épargnant et d’organiser au mieux la préparation à la fois de sa succession et du financement de son train de vie pendant toute sa période d’inactivité », rappelle Karen Jolly-Doyennel.​

 
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