hommes femme bureau construction

L’indispensable rénovation énergétique des logements

Poussés par une réglementation de plus en plus contraignante, les propriétaires-bailleurs n’ont d’autre choix que d’améliorer la performance énergétique de leurs biens. Seule condition, à terme, pour pouvoir les louer et bonifier leur prix de vente.

Pour atteindre ses objectifs de neutralité carbone à l’horizon 2050, le gouvernement fait de la rénovation énergétique des logements une priorité en visant l’éradication des passoires thermiques, c’est-à-dire des logements dont le diagnostic de performance énergétique (DPE) est de classe F ou G.

Inciter à la rénovation

Sous le poids de la réglementation, la question de la performance énergétique gagne du terrain puisque le DPE est désormais produit à la publication de l’annonce. « Un DPE qui est complété d’un audit énergétique rendu obligatoire à partir du 1er septembre 2022 pour toutes les cessions d’immeubles ou de maisons classés F ou G, ajoute Thomas Grasset, directeur Résidentiel de BPCE Solutions Immobilières. Et sur lequel seront indiqués les travaux nécessaires pour une rénovation performante par étape ainsi que pour une rénovation permettant d’atteindre directement la classe B. » Cela s’inscrit dans la loi Climat et Résilience de 2021 qui s’adresse notamment aux bailleurs, avec pour eux des contraintes de plus en plus fortes pouvant aller jusqu’à l’impossibilité de louer un bien en raison d’une faible performance énergétique. « C’est un vrai sujet pour nos clients-investisseurs qui louent leur bien car dès 2023, les loyers des logements classés G ne pourront plus être augmentés, souligne Thomas Grasset. De plus, cette loi proscrit à compter de 2025 leur mise en location. Et il en sera de même pour les biens classés F et E respectivement à partir de 2028 et 2034. » À terme, seuls les logements classés de A à D pourront être loués.

Un guichet unique

Pour faciliter l’accès aux aides à la rénovation énergétique, les autorités ont lancé France Rénov’(1). « Ce service public gratuit vise à simplifier les démarches des particuliers en proposant un point d’entrée unique pour tous les parcours de travaux », explique Thomas Grasset. Ses utilisateurs disposent d’un site internet regroupant des informations, d’un simulateur pour calculer le montant financé et d’un annuaire d’entreprises labellisées RGE(2), et des conseillers peuvent être joints par téléphone(3). France Rénov’ se déploie sur le territoire avec la présence de 450 guichets « Espace conseil France Rénov’ » qui mobiliseront plus d’un millier de conseillers. Leur projet de rénovation défini, les particuliers ont la possibilité de solliciter l’aide de « Mon accompagnateur Rénov’ » pour les assister durant toute la durée des travaux qui peuvent parfois être complexes. Pour un propriétaire-bailleur, l’objectif est d’améliorer la performance énergétique de son habitat, et pour un occupant de réaliser des économies d’énergie.

Critère d’acquisition

Par conséquent, au moment d’acheter un bien – surtout ancien –, « l’étiquette énergie est un véritable critère de sélection, reconnaît Thomas Grasset. L’acquéreur est en position de force si le bien est classé E, F ou G. Dans le cas d’une vente comme résidence principale, il dispose du DPE et de l’audit avec le coût des travaux à réaliser : soit il est intégré dans le prix, soit il est trop élevé et la vente peut ne pas se conclure. » À l’inverse, un bien rénové désormais classé A, B ou C trouvera plus facilement preneur, notamment les logements anciens à destination locative. « Lorsque nous commercialisons ce type de biens au travers des dispositifs Malraux ou déficit foncier, nous contrôlons systématiquement que les travaux de rénovation améliorent le DPE afin que les biens soient éligibles à la location, assure Thomas Grasset. Notre rôle consiste aussi à analyser la pertinence de l’opération, la qualité du montage fiscal, et à garantir la bonne adéquation entre le prix proposé aux clients et celui du marché local. Dans la cas contraire, nous ne sélectionnons pas le dossier. » Il convient donc de s’adresser à un spécialiste lors de l’achat d’un bien immobilier ancien destiné à la location. Quant au prix, la dernière étude annuelle des notaires de France sur la valeur verte des logements(4) montre qu’en général, les maisons et appartements anciens classés A ou B se vendent plus cher que les D. Et ceux classés F ou G moins cher.

(1) https://france-renov.gouv.fr
(2) Reconnu garant de l’environnement
(3) Au 0 808 800 700 – Du lundi au vendredi de 9 h à 18 h (service gratuit + prix d’un appel)
(4) La valeur verte des logements en 2020 – Notaires de France

Vous pourriez aussi être intéressé par

Pourquoi faut-il préparer sa succession ?
Les pactes Dutreil mieux sécurisés
Volatilité des marchés : pourquoi recourir à la gestion sous mandat ?
Assurance vie luxembourgeoise : une solution de diversification
PER assurance et PER compte-titres : des différences complémentaires
JO Paris 2024 : des opportunités économiques pour les entreprises