Passer au contenu principal

Préparer et gérer votre retraite

Comment se constituer un capital pour bénéficier de revenus flexibles ? Comment estimer ses besoins de futurs retraité ? Les réponses de Bruno Chrétien.

Interview : préparer ses revenus à la retraite


« Les besoins essentiels doivent impérativement être couverts par des revenus garantis »

 

 

Bruno Chrétien
Président de Factorielles
Président de l’Institut de la protection sociale

 

 

 

 

 

 

Comment estimer ses besoins de futur retraité ?

Bruno Chrétien – Il est déjà important de bien différencier les besoins à satisfaire en fonction de leur nature. Les plus importants et incontournables sont les besoins dits « essentiels », qui correspondent aux dépenses indispensables du quotidien : logement, nourriture, chauffage, dépenses courantes… Viennent ensuite les besoins que l’on pourrait qualifier de « facultatifs » ou « flexibles » : ils recouvrent les dépenses de loisirs – notamment les voyages –, les dépenses « plaisir » et autres charges qui ne sont pas absolument nécessaires au maintien du cadre de vie. Enfin figurent les besoins en termes de prévoyance, souvent négligés, mais qui peuvent peser très lourd dans un budget. Ces besoins à couvrir sont d’ailleurs de deux types : le risque lié à sa perte d’autonomie et d’indépendance, qui pèsera sur les ressources disponibles du futur retraité, et celui de sa propre disparition, qui aura un impact sur le train de vie de ses proches.
 
 

Ces estimations sont-elles faciles à réaliser ?

B. C. – Tout dépend du profil des individus. Les plus organisés et les plus méthodiques y parviennent sans trop de difficultés : il s’agit simplement de savoir construire et gérer un budget. Il y a toutefois quelques écueils à éviter. Le premier est d’oublier d’actualiser ses besoins futurs, notamment ses besoins essentiels. Sans entrer dans des calculs trop complexes, on peut considérer qu’il existe une forte probabilité pour que les retraités perdent environ un point de pouvoir d’achat par an au cours des prochaines années. C’est une contrainte qu’il faut anticiper. Si, par exemple, le montant des besoins essentiels estimés est de 3 000 euros par mois, il faut ajouter 1 % par an à cette somme pour obtenir le niveau de revenu nécessaire au maintien de son pouvoir d’achat. Si l’on considère que l’espérance de vie à compter du départ en retraite est de 23 ans, il faudra donc prévoir à cet horizon des revenus garantis non pas de 3 000 euros, mais de 3 770 euros par mois.
 
 

Quelles solutions mettre en place pour couvrir ces différents besoins ?

B. C. – Les besoins essentiels doivent impérativement être couverts par des revenus garantis. Les pensions de retraite entrent évidemment dans cette catégorie même si l’on sait que leur niveau aura tendance à baisser, au moins en termes relatifs, au cours des prochaines années. Il est donc nécessaire de les compléter avec des revenus de nature viagère, autrement dit des rentes. L’importance de cette rente sera bien sûr fonction des besoins à financer. Les besoins flexibles pourront quant à eux être financés par du capital « libre », susceptible d’être ponctionné afin de libérer les liquidités désirées. Les besoins de prévoyance, enfin, sont à couvrir par des contrats d’assurance spécifiques : assurance dépendance pour couvrir la perte d’autonomie, assurance décès pour laisser un capital à ses proches en cas de disparation ; attention, dans les cas les plus courants, cette couverture tombe après un âge limite.
 
 

Quelles enveloppes privilégier pour accueillir ce capital « libre » ?

B. C. – Il existe une palette de solutions. Mais il est clair que l’assurance vie, pour sa souplesse, son rendement et sa fiscalité, doit nécessairement figurer parmi les enveloppes privilégiées.
 
 
 

La baisse des pensions est inéluctable…

 

Officiellement, le besoin de financement, autrement dit le déficit des régimes de retraite par répartition, devrait atteindre 20 milliards d’euros en 2020. Selon Bruno Chrétien, ce chiffre est sous-estimé et plus proche de 30 milliards. Or, pour résorber ce déficit, les solutions résiduelles sont limitées. « Il faut s’attendre à une baisse des pensions, soit relative (non-revalorisation), soit faciale (diminution du montant servi). Certaines caisses, comme celle des médecins par exemple, ont déjà mis en œuvre cette seconde option », rappelle ce spécialiste.

 

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre article sur les rentes et compléments de revenus à la retraite  ou consulter notre dossier assurance vie.

 


 
Partager :  

acces directs

Ma banque populaire régionale