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Préparer et gérer votre retraite


Pour compenser la baisse des revenus qui intervient au moment de la retraite, il est nécessaire de consentir un effort d’épargne durant la vie active. Mais comment optimiser l’utilisation du capital ainsi constitué ?

 

15/06/2015

 

Quels revenus complémentaires pour votre retraite ?

« Un cadre moyen du secteur privé, lorsqu’il fait valoir ses droits à retraite, peut espérer aujourd’hui percevoir une pension, tous régimes confondus, de l’ordre de 55 % à 60 % de son dernier salaire. Pour un cadre dirigeant, ce revenu de remplacement est bien souvent en dessous de 40 % de sa rémunération d’activité. ».

Selon Éric Deniziaut et Marc Thomas-Marotel, responsables de l'expertise patrimoniale et financière chez Natixis Assurances, les sommes versées par les régimes de répartition sont insuffisantes pour assurer le maintien du niveau de vie de la plupart des futurs retraités. Une situation qui devrait encore se détériorer dans les prochaines années, en raison des déséquilibres grandissants des systèmes de retraite, et qui s’avère d’autant plus problématique que les revenus d’activité sont élevés. 
 

 

Epargner, et ajuster dépenses et revenus 

Pour compenser cette perte de revenus annoncée, des solutions existent ; toutes supposent un effort d’épargne supplémentaire pendant la vie active. « Pour ajuster ses recettes à ses dépenses, le futur retraité n’a globalement que deux options : baisser ses charges, ou augmenter ses revenus », rappelle Michel Le Dreff, ingénieur patrimonial à la Banque Populaire Val de France. « La première mesure à prendre est d’avoir intégralement financé sa résidence principale avant le départ en retraite », ajoute-t-il. La constitution de ce patrimoine immobilier, le plus souvent acheté à crédit, est donc indispensable. Pour se procurer des revenus supplémentaires, il est également impératif de disposer, en fin de carrière, d’autres actifs, immobiliers ou financiers. S’il est suffisamment important, ce capital, quelle que soit sa forme, pourra générer le complément de revenus indispensable au maintien du train de vie du futur retraité. À défaut, il pourra être mis à contribution pour fournir les liquidités nécessaires. Cette option peut toutefois se révéler hasardeuse. Aujourd’hui, un homme de 65 ans peut espérer encore vivre, en moyenne, plus de 23 ans(1). Et une femme du même âge, cette espérance est de près de 27 années(1). « Or, en prélevant, par exemple, 2 500 euros par mois sur un capital de 500 000 euros, ce dernier sera épuisé au bout de 16 ans(2). Se pose alors la question du financement des dernières années de vie », conclut Éric Deniziaut. 
 

 

Les vertus de la rente 

Pour enrayer cet aléa, une solution revient peu à peu au goût du jour : la rente viagère. Sa principale vertu est de garantir le versement d’un revenu à vie. « Le principe est simple : la conversion d’un capital en rente viagère consiste en l'abandon de ce capital au profit d’un tiers (un assureur) en échange du versement à vie d'une somme qui sera revalorisée au fil des années. Au décès du bénéficiaire de la rente (le crédirentier), le versement de la rente est interrompu, sauf si des clauses particulières comme la réversion à un conjoint ont été prévues », rappelle Marc Thomas-Marotel. Le montant de cette rente dépend de plusieurs facteurs : le niveau du capital aliéné et l’âge du crédirentier au moment de la conversion du capital ; l’espérance de vie de ce même crédirentier mais également des autres éventuels bénéficiaires de la rente en cas de réversion ; enfin, un « taux technique » calculé par l’assureur. « Les modalités de calcul sont assez complexes, reconnaît Éric Deniziaut, mais totalement transparentes et encadrées par une réglementation très précise. ».

Le « taux de conversion » est globalement assez faible : un capital de 100 000 euros génère la première année, pour un homme âgé de 65 ans aujourd’hui, une rente viagère non réversible d’environ 360 euros par mois. Ce « rendement » augmente avec l’âge : plus l’épargnant attend pour convertir son capital, plus la rente servie sera élevée. Le rendement sera également revalorisé chaque année grâce aux performances financières obtenues par l’assureur sur le capital détenu. « Les options de réversion ont aussi un impact sur le montant de la rente, explique Éric Deniziaut. Si le crédirentier choisit un reversement à 100 % de la rente à son conjoint, l’arrérage sera plus faible que si le reversement n’est que de 60 %. La différence d’âge entre les bénéficiaires de la rente entre également en ligne de compte. »

 

 

 

 

Comment se constituer une rente ? 

Pour se constituer une rente, plusieurs méthodes sont possibles. Les plus simples : souscrire à des produits de placement qui autorisent – ou imposent – la sortie en rente du capital accumulé durant la phase d’épargne. 
 

  • Les enveloppes où la sortie en rente est le plus souvent obligatoire sont (sauf cas particuliers) des produits d’épargne retraite. C’est le cas des formules individuelles comme le Perp (plan d’épargne retraite populaire)(3) ou les contrats retraite Madelin, mais aussi collectives comme le Perco (plan d'épargne pour la retraite collectif)(4) ou les contrats dits « article 83 ». Ces produits bénéficient d’une fiscalité avantageuse « à l’entrée » – les sommes versées sont soit totalement soit partiellement déductibles pour l’épargnant et pour l’entreprise quand celle-ci abonde à ses côtés. En conséquence, les rentes qu’ils procurent ensuite à leurs bénéficiaires sont traitées comme n’importe quel autre revenu : elles subissent les prélèvements sociaux(5) et sont imposées, pour tout ou partie, au barème de l’impôt sur le revenu du crédirentier.
  • Les produits qui permettent de choisir, ou non, une sortie en rente viagère sont des supports plus répandus : assurance vie, PEA (plan d’épargne en actions)(6) et PEP (plan d’épargne populaire)(7).Les rentes servies par un PEA ou un PEP de plus de 8 ans bénéficient d’un traitement fiscal d’exception : elles sont en effet entièrement exonérées d’impôt sur le revenu, mais demeurent néanmoins soumises aux prélèvements sociaux sur une quote-part de leur montant. Les rentes servies par un contrat d’assurance vie suivent également un régime fiscal très avantageux, puisque seule une fraction des sommes perçues est imposable. En outre, l’assurance vie offre un avantage supplémentaire : la possibilité de panacher entre sortie en rente et sortie en capital.

 
Il est aussi possible de se constituer une rente en « aliénant » un capital, quelle que soit l’origine de ce dernier : placement financier, somme issue de la vente d’un bien immobilier, etc. Mais en règle générale, ce capital est d’abord placé sur un contrat d’assurance vie avant d’être transformé en rente.

 

 

 

Doser entre rente et capital disponible

Si la rente présente de nombreux avantages, sa mise en œuvre doit être mûrement réfléchie et n’intervenir qu’à l’issue d’une estimation sérieuse des besoins lors du passage en retraite. En début de période d’inactivité, entre 60 et 70 ans, les besoins – et donc les charges – sont quasiment identiques aux besoins de la période d’activité. Au-delà de 80-85 ans, ces besoins financiers ont a priori, sauf cas de dépendance, de fortes chances d’être moins élevés. « C’est pourquoi il peut être judicieux de commencer, dans les premières années de retraite, par prélever sur son capital les liquidités nécessaires au maintien de son train de vie. Puis de convertir le capital résiduel en rente afin de se garantir un revenu minimum supplémentaire jusqu’à la fin de sa vie », propose Marc Thomas-Marotel. Autre stratégie possible, dans l’idéal : « Répartir, dès l’entrée en retraite, son capital en plusieurs tranches : celui que l’on souhaite transmettre ; celui que l’on garde pour faire face à des imprévus ou financer des besoins ponctuels ; et celui que l’on aliène sous forme de rente », conclut Éric Deniziaut.

 
Pour en savoir plus, consultez notre thématique Développer votre patrimoine.

 

 

(1) 23,42 années et 26,89 années – Source : table de mortalité TGH05.
(2) Hors revalorisation du capital.
(3) Le Perp prévoit une possibilité de sortie en capital à hauteur de 20 %.
(4) Le règlement du Perco peut prévoir une sortie intégrale en capital.
(5) Le taux des prélèvements sociaux varie selon les produits concernés.
(6) Le PEA-PME bénéficie de la même fiscalité que le PEA.
(7) Le PEP n’est plus commercialisé depuis le 25 septembre 2003. 

 
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