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Risque et placement financier


 

​06/07/2016

« Risque et placement financier »



Interview de Jean-Marin Serre,
professeur des universités et doyen de l'École universitaire de management d'Auvergne
 


 

Que signifie la notion de risque en matière de placements financiers ?

Jean-Marin Serre : Je rappelle tout d’abord la définition générique, communément acceptée, d’un risque : il s’agit de la probabilité de réalisation d’un événement désavantageux dans le futur. Appliqué à la matière financière, il s’agit du niveau de rentabilité espéré par l’investisseur. En effet, tout investisseur est en premier lieu confronté à la probabilité que la rentabilité espérée de son investissement ne se matérialise pas. Autrement dit, il s’agit d’un risque de non-rentabilité.
Ce risque est associé à divers événements qui peuvent aussi influencer la performance d’un placement : la variabilité de cette rentabilité (sur les marchés financiers, on parle de volatilité) ; l’insuffisance de liquidité ou de contrepartie (l’impossibilité de revendre un actif au prix souhaité) ; mais aussi le risque de défaut (cas des titres de dette), qui peut se traduire par la perte totale ou partielle de son investissement.

Est-il exact que le risque diminue avec l’horizon d’investissement ?

J.-M. S. : En principe, plus on allonge la durée de détention, plus la volatilité de la rentabilité – qui est l’une des mesures du risque – diminue. En outre, tout dépend des périodes de référence et de la nature du placement. Il y a ainsi des périodes longues où les actions sont moins risquées que les obligations. Mais quel que soit l’actif sous-jacent, le gain en termes de couple rendement-risque procuré par une longue durée de détention pourrait ne pas effacer totalement un mauvais « timing » dans l’investissement.
En d’autres termes, le point d’entrée sur un marché est essentiel. Investir au sommet d’une « bulle » est évidemment une mauvaise décision. Il ne fallait pas se placer sur les marchés actions après l’été 2000 ou en 2007, ni sur l’immobilier en 2008. Malheureusement, si plusieurs signaux permettent de détecter la formation des bulles (données macro-économiques, forte volatilité sur les marchés, primes de risque trop faibles…), il est impossible de connaître le moment exact où elles éclatent.
 

Les Français ne sont pas nécessairement très au fait des taux de capitalisation. Quel rendement annuel faut-il, par exemple, pour doubler un capital en dix ans ?

J.-M. S. : Sur dix ans, il faut afficher un taux de rendement (gains réinvestis) de 7,18 % pour espérer doubler son capital. Ce qui, compte tenu du niveau actuel des taux dits sans risque (proches de zéro), suppose une prise de risque très significative. Sur 24 ans, le taux de rendement nécessaire descend à 2,93 %, ce qui paraît plus raisonnable. En prenant comme hypothèse ce taux, on peut également calculer le capital à placer nécessaire pour générer un revenu annuel cible.
Par exemple, si un épargnant préparant sa retraite souhaite un revenu annuel additionnel de 50 000 euros, versé sous forme de rente toute la durée de sa retraite, et sachant qu’il dispose pour cela d’une période de 24 ans, il devra s’être constitué d’ici 24 ans un capital investi d’un peu plus d’1,7 million d’euros. Autrement dit, il doit placer dès aujourd’hui la moitié de cette somme pour parvenir à un tel objectif.
 

 

   La diversification est un plus

 

La diversification d’un portefeuille, que ce soit entre plusieurs actions ou sur plusieurs classes d’actifs, contribue à réduire le risque. « Un portefeuille boursier diversifié sur plusieurs titres n’élimine toutefois pas le risque de marché », prévient Jean-Marin Serre. Ce dernier rappelle que certaines associations fonctionnent mieux que d’autres. « Actions et immobilier, par exemple, sont très faiblement corrélés. La présence concomitante de ces deux classes d’actifs dans un patrimoine en réduit le risque sur le moyen/long terme », ajoute-t-il.

 

 


 
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