Réduire son impôt sur le revenu en investissant dans l’économie ou en étant généreux
Le compte à rebours est lancé pour réduire votre impôt sur le revenu dû en 2027. Plusieurs investissements ouvrent droit à des avantages fiscaux. Mais avant de privilégier le gain fiscal, assurez-vous que l’opération s’inscrit dans une stratégie patrimoniale cohérente. Julie Martin, Ingénieure Patrimoniale à la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne, livre ses conseils pour guider votre réflexion.
Vous avez jusqu’au 31 décembre 2026 pour agir sur le montant de l’impôt sur le revenu (IR) que vous acquitterez en 2027. Avant de céder aux sirènes d’une réduction ou d’un crédit d’impôt, assurez-vous que l’investissement envisagé est vraiment opportun.
Avant d’investir : quel est votre vrai potentiel d’optimisation fiscale ?
Première étape : estimer votre impôt sur le revenu des prochaines années. Ainsi que votre marge de manœuvre au regard du plafonnement des niches fiscales à 10 000 €(1). Certains crédits d’impôt courants, comme l’emploi d’un salarié à domicile ou les frais de garde d’enfants, peuvent entamer significativement cette enveloppe.
L’étape suivante consiste à analyser vos besoins et votre capacité d’épargne. « Après cet audit, les investissements générant une économie d’impôt peuvent être envisagés, sans toutefois que l’aspect fiscal soit le critère déterminant, conseille Julie Martin. La stratégie d’investissement doit avant tout répondre à un objectif patrimonial, et tenir compte des qualités intrinsèques de l’actif visé : sa liquidité, son potentiel de valorisation, la durée d’engagement, etc. ».
Trois grands domaines d’investissement s’offrent alors aux contribuables : l’immobilier, le capital-risque et la retraite.
Levier 1 : l’immobilier et ses dispositifs toujours attractifs
Pour les contribuables fortement imposés, les régimes Denormandie, Malraux, monuments historiques et déficit foncier(2) restent pertinents, avec des engagements de 8 à 15 ans. « Ces investissements peuvent être réalisés en direct ou à travers des SCPI. Ces SCPI dites fiscales facilitent l’accès à ces régimes et permettent d’investir dans ces marchés sans avoir à gérer les contraintes de gestion locative », précise Julie Martin.
La loi de finances pour 2026 a enrichi l’offre d’une nouvelle incitation fiscale à l’investissement locatif avec le statut du bailleur privé, dit « Jeanbrun »(3). « Jusqu’au 31 décembre 2028, ce dispositif permet aux propriétaires bailleurs de logements neufs d’amortir jusqu’à 80 % du prix d’acquisition du bien en contrepartie d’un encadrement renforcé des conditions de location pendant 9 ans. Cet amortissement s’ajoute aux charges déductibles et peut générer un déficit foncier imputable sur le revenu global, explique Julie Martin. Le dispositif est d’ailleurs compatible, sous conditions, avec l’exonération temporaire des dons familiaux affectés à l’immobilier (dans la limite 300 000 €, jusqu’au 31 décembre 2026)(4) ».
Levier 2 : le capital-risque : pour allier impact et réduction d’impôt
Pour compenser le risque inhérent à l’investissement dans des entreprises non cotées, plusieurs dispositifs offrent des réductions d’impôt, dont le niveau varie selon la cible des souscriptions(5) .
- Dispositif IR-PME (« Madelin ») : souscription au capital de PME, d’entreprises solidaires d’utilité publique (ESUS), de jeunes entreprises innovantes (JEI), de JEI à impact (JEII) ou de JEI de rupture (JEIR), de fonds d’investissement de proximité (FIP) Corse et de FIP Outre-mer. Pour les investissements en JEI, la réduction d’impôt est limitée à 50 000 € pour les contribuables célibataires (100 000 € pour les couples soumis à imposition commune) tous dispositifs confondus sur la période 2024-2028 ;
- Les Sofica (financement du cinéma français) ;
- L’investissement Girardin industriel (financement des investissements productifs des entreprises des Dom-Com) et en logement social dans les collectivités d’Outre-mer.
Ces deux derniers placements bénéficient d’un plafond des niches fiscales majoré à 18 000 € contre 10 000 € pour les autres dispositifs(6).
Levier 3 : Le PER, le double effet retraite et fiscal
Capitaliser pour sa retraite et alléger son assiette imposable, c’est le double levier du plan d’épargne retraite individuel (PERi)(7). Les versements volontaires effectués jusqu’à 70 ans sont déductibles des revenus dans la limite d’un plafond annuel. Pour connaître leurs possibilités de déduction, les titulaires de PERi peuvent consulter leur « disponible fiscal », qui figure sur leur avis d’imposition.
Le bonus : quand la générosité allège aussi vos impôts
La générosité peut aussi peser sur l’impôt à la baisse. Pour 2026, les réductions dite IR-don se déclinent en trois niveaux :
- dons aux organismes d’intérêt général ou reconnus d’utilité publique : réduction d’impôt de 66 % du montant versé dans la limite de 20 % du revenu imposable ;
- dons aux organismes d’aide aux personnes en difficulté ou aux victimes de violence : réduction d’impôt de 75 % du montant versé. Depuis le 14 octobre 2025, ces dons sont retenus dans la limite de 2 000 € par an, contre 1 000 € auparavant ;
- dons en faveur de la restauration du château de Chambord en 2026 : réduction d’impôt spécifique de 75 % du montant versé, dans la limite de 1 000 € par an.
Ces réductions d’impôt n’entrent pas dans le plafonnement des niches fiscales.
Exemple du bon usage du PERi :
Pierre, cadre supérieur, célibataire et sans enfant.
Revenu net global : 80 000 €.
Taux marginal d’imposition (TMI) : 30 %.
IR total : 17 166 €.
S’il verse 1 000 € par mois sur un PER individuel :
– revenu imposable 68 000 € (80 000 – 12 000) ;
– IR total : 13 566 € ;
– Économie fiscale : 3 600 € (12 000 x 30 %), soit un effort d’épargne réel de 8 400 € pour 12 000 € épargnés.
Qu’il s’agisse de préparer votre retraite, de valoriser un capital ou de diversifier vos actifs, la qualité intrinsèque du placement et son adéquation avec votre horizon de temps priment sur le seul avantage fiscal. L’échéance du 31 décembre 2026 invite à la réflexion plutôt qu’à la précipitation. Un Conseiller spécialisé reste votre meilleur allié pour valider la cohérence de vos choix et vous aider à prendre la décision la plus éclairée.
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Rédaction achevée le 10/07/2026.
Sous réserve de l’actualité juridique et fiscale en vigueur.
Communication à caractère publicitaire et sans valeur contractuelle.
(1) 18 000 € dans les cas légaux limitativement définis.
(2) https://www.img.banquepopulaire.fr/app/uploads/sites/5/2024/09/17093404/syntheses-tableau-v2-defiscalisation-immobilier.pdf
(3) https://www.banquepopulaire.fr/gestion-privee/nouveau-statut-bailleur-prive-jeanbrun/
(4) Article 790 bis A du CGI.
(5) https://www.img.banquepopulaire.fr/app/uploads/sites/5/2024/09/17093400/syntheses-tableau-defiscalisation-mobilier.pdf
(6) En l’état actuel des textes légaux.
(7) https://www.banquepopulaire.fr/gestion-privee/PER-plafonds-de-deduction
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