CDHR 2026 : du changement dans la continuité

Instaurée initialement pour un an, la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) est reconduite. Elle impose un taux plancher d’imposition et le versement d’un acompte conséquent. Célya Mainguy et Anna Tikhonova, Ingénieures Patrimoniales à Banque Populaire Rives de Paris, détaillent les évolutions à anticiper.

La CDHR a été reconduite jusqu’à ce que le déficit public soit inférieur à 3 % du PIB, traduisant la volonté du Gouvernement de faire participer les plus hauts revenus à la réduction du déficit public, et de renforcer l’équité fiscale.

Plus de 500 000 € de revenus ? Vous êtes peut-être concerné

Sont soumis à la CDHR, les contribuables fiscalement domiciliés en France dont le revenu fiscal de référence (RFR)(1) retraité est supérieur à 250 000 € pour les célibataires, veuf(ve)s, divorcé(e)s ou séparé(e)s, ou à 500 000 € pour les contribuables mariés ou pacsés soumis à imposition commune et dont le taux d’imposition sur le revenu est inférieur à 20 %. Cela représenterait quelque 24 000 foyers(2). « L’objectif est de soumettre à une imposition minimale de 20 % les contribuables qui perçoivent principalement des revenus de capitaux (dividendes, plus-values) soumis au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % », indique Anna Tikhonova. À noter qu’un mécanisme de décote(3) est prévu, sous conditions, afin d’atténuer la progressivité de la CDHR.

Le calcul qui vise à atteindre un taux plancher de 20 %

La CDHR est égale à la différence, lorsqu’elle est positive, entre 20 % du RFR retraité et la somme des impôts sur le revenu (barème progressif, PFU, PFL) et de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR). Pour le calcul, l’impôt que vous avez déjà payé est fictivement augmenté de 1 500 € par personne à charge (et 12 500 € pour les contribuables soumis à imposition commune), ce qui a pour effet de réduire le montant final de la CDHR à payer. De même, le montant de l’IR doit être majoré de l’avantage fiscal de certains crédits et réductions d’impôts (liste limitative). Par ailleurs, l’impôt payé sur les revenus exceptionnels(4) – eux-mêmes pris pour 25 % de leurs montants – ne sera retenu que pour 25 %. Sur ce point, Célya Mainguy recommande « de bien s’assurer avec ses conseils du caractère exceptionnel du revenu afin d’éviter toute requalification par l’administration fiscale. »

Ce qui change dans le calcul pour 2026

La loi de finances pour 2026 apporte des aménagements au montant d’impôt à retenir pour le calcul de la CDHR. Ainsi, « la CEHR relative aux revenus exceptionnels est désormais retenue pour un quart de son montant, alignant sa prise en compte avec celle des revenus exceptionnels eux-mêmes », observe Anna Tikhonova. S’agissant du montant de l’IR à retenir, « celui-ci est désormais majoré de la réduction d’impôt au titre des dons dits Coluche, précise Célya Mainguy. À l’inverse, il est minoré du montant de l’imposition se rapportant aux plus-values pour lesquelles le report d’imposition expire. »

Vous partez à l’étranger ? La CDHR vous suit

Les contribuables domiciliés en France qui transfèrent leur domicile à l’étranger sont passibles de la CDHR au titre de l’année de leur départ à raison des revenus dont ils ont disposé jusqu’à la date de celui-ci. Parallèlement, les contribuables qui transfèrent leur domicile en France seront redevables de la CDHR au titre de l’année de leur installation en France pour les revenus imposables à compter du jour de cet établissement.

Attention : un acompte de 95 % à verser avant le 15 décembre

Entre le 1er et le 15 décembre de l’année d’imposition, le contribuable devra verser un acompte de 95 % du montant estimé de la CDHR. Il lui faudra donc tenir compte de ses revenus effectivement réalisés de janvier à novembre et d’une estimation des revenus susceptibles d’être perçus en décembre. « Cela nécessite d’anticiper et de provisionner cet acompte, notamment si le contribuable cède son entreprise au mois de décembre et qu’il n’a pas encore perçu le produit de cession », souligne Célya Mainguy. Le solde sera recouvré en septembre de l’année suivante. Si le montant de l’acompte acquitté est supérieur à la CDHR due, l’excédent sera restitué. Attention, une majoration de 20 % est applicable en cas de défaut ou de retard de paiement de l’acompte, et lorsque l’acompte versé est inférieur de plus de 20 % à celui normalement dû, ce qui impose donc la plus grande rigueur. « Il peut alors être opportun de se faire accompagner par son conseiller privé, un ingénieur patrimonial et / ou un fiscaliste pour estimer au plus juste l’acompte à verser », conseille Anna Tikhonova. Pour la CDHR due au titre de 2025, l’administration avait indiqué dans un communiqué du 14 novembre 2025 qu’aucune majoration ne serait appliquée aux contribuables de bonne foi. La question de la reconduction de cette tolérance pour les exercices suivants reste en suspens et mériterait une confirmation expresse de l’administration.

Cas pratique : le coût fiscal total d’une plus-value de 5 M€

M. X, célibataire, réalise une plus-value de 5 000 000 € en 2026.
Voyons pas à pas comment sa facture fiscale est établie.

PARTIE 1 : Calcul de la CDHR

  • Revenu de référence pour ce calcul (25 % du gain) :
    5 000 000 € x 25 % = 1 250 000 €
  • Objectif d’impôt à 20 % sur ce revenu de référence :
    1 250 000 € x 20% = 250 000 €
  • Montant des impôts déjà payés (partiellement retenus pour ce calcul) :
    ¼ du PFU de 12,8 % (160 000 €) + ¼ de la CEHR (46 875 €) = 206 875 €
  • Calcul de la CDHR (la différence pour atteindre l’objectif de 20 %) :
    250 000 € (objectif) – 206 875 € (déjà payé) = 43 125 € 
  • Montant de la CDHR = 43 125 € Dont un acompte de 40 969 € (95 % de la CDHR) à verser en décembre

PARTIE 2 : Calcul de la facture fiscale totale

  • Impôt sur le Revenu (PFU à 12,8 %) :
    5 000 000 € x 12,8 % = 640 000 €
  • Contribution Hauts Revenus (CEHR) :
    Montant total de la CEHR = 187 500 €
  • Prélèvements Sociaux (PS 18,6 %) :
    5 000 000 € x 18,6 % = 930 000 €
  • CDHR (la taxe que nous venons de calculer) :
    Montant de la CDHR = 43 125 €
  • Total de tous les impôts et taxes :
    640 000 € (PFU) + 187 500 € (CEHR) + 930 000 € (PS) + 43 125 € (CDHR) = 1 800 625 €
  • Taux global d’imposition effectif :
    (1 800 625 € / 5 000 000 €) = 36,01 %

Sur son gain de 5 millions d’euros, la facture fiscale totale de M. X s’élève à plus de 1,8 million d’euros, soit un taux d’imposition réel de 36,01 %.

Plus qu’une simple ligne d’impôt supplémentaire, la CDHR introduit une complexité et un calendrier avec l’acompte de fin d’année qui méritent d’être soigneusement anticipés.
Pour évaluer précisément votre situation et sécuriser vos projets face à ce dispositif, un diagnostic personnalisé par votre Conseiller Patrimonial reste l’approche la plus sûre et la plus efficace.

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Rédaction achevée le 10/07/2026.
Sous réserve de l’actualité juridique et fiscale en vigueur.

(1) Somme des revenus perçus dans l’année auxquels certains retraitements sont appliqués par rapport au revenu fiscal pris en compte pour la CEHR majorée de certains revenus exonérés, abattements et charges déductibles.
(2) https://www.vie-publique.fr/loi/300444-budget-de-letat-2026-projet-de-loi-de-finances-plf-2026
(3) Article 224 du CGI – V
(4) Revenus qui par leur nature ne sont pas susceptibles d’être recueillis annuellement et dont le montant dépasse la moyenne des revenus imposables des trois dernières années.

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