PER individuel : cinq ans pour profiter de vos plafonds de déduction
Se constituer un complément de revenu pour sa retraite tout en bénéficiant d’une fiscalité avantageuse, c’est ce que permet le plan d’épargne retraite individuel. Explication avec Marc Thomas-Marotel, Responsable de l’Ingénierie Patrimoniale chez BPCE Vie.
Avec 12,9 millions de titulaires et 150,4 milliards d’encours (+20 % par rapport à 2024) à fin 2025(1), le plan d’épargne retraite (PER) poursuit sa montée en puissance. Une dynamique portée par le PER individuel (PERi) qui concentre près de 60 % des encours(2), « signe d’une prise de conscience des particuliers, inquiets quant à l’avenir du système de retraite par répartition, du besoin de financer une partie de leur retraite par capitalisation, afin de vivre cette étape de la vie sereinement sur le plan financier », observe Marc Thomas-Marotel.
Sortie en capital ou en rente : le choix qui engage votre retraite
Ouvert à toute personne physique majeure, « le PERi est spécifiquement dédié à la retraite et s’inscrit dans une optique de temps long, nécessitant un effort d’épargne dans la durée », note le spécialiste. La gestion financière de l’épargne, qui dépend du profil de risque des titulaires du plan, de leurs besoins et préférences en matière de durabilité, est en adéquation avec la date de départ à la retraite. Par principe, l’épargne constituée est indisponible jusqu’à la retraite.
En pratique, elle peut être récupérée en cas d’accidents de la vie(3) ou pour acquérir sa résidence principale, de quoi rassurer les épargnants les plus jeunes en limitant l’effet d’une épargne totalement bloquée. Enfin, le PERi peut être dénoué en capital, en rente ou en panachant les deux.
La sortie en capital permet de garder la main sur son patrimoine, de le retirer en une ou plusieurs fois et de laisser fructifier le solde. Mais attention à l’effet fiscal : un retrait important réalisé en une seule fois peut accroître significativement votre revenu imposable et entraîner l’imposition d’une partie des sommes dans une tranche supérieure, alourdissant ainsi la facture fiscale. Il est souvent plus judicieux d’opter pour des retraits fractionnés sur plusieurs années afin de maîtriser sa fiscalité.
Quant à la sortie en rente, « elle a l’avantage d’être viagère et de transférer le risque de la gestion financière du capital constitutif à un assureur, observe Marc Thomas-Marotel. Le titulaire perçoit un revenu régulier jusqu’à son décès ce qui apporte sécurité et sérénité dans une société vieillissante. »
En revanche, le capital est aliéné, et le montant touché dépend du capital accumulé et de l’âge du souscripteur à la liquidation de son PERi.
Le vrai calcul de l’avantage fiscal du PER
Si le PERi séduit, c’est aussi grâce à son régime fiscal et social. « Les versements volontaires (ponctuels, programmés ou issus d’un transfert d’autres contrats) effectués chaque année sur un PERi sont déductibles du revenu imposable par principe (non déductibles sur option) dans une certaine limite », précise Marc Thomas-Marotel.
En 2026, un salarié peut déduire entre 4 710 € et 37 680 €, et un travailleur non salarié entre 4 806 € et 88 911 €. Cela procure une économie d’impôt immédiate d’autant plus intéressante que le TMI est supérieur ou égal à 30 %, et permet d’accroître la capacité d’épargne. Quant aux prélèvements sociaux, ils ne sont dus qu’au dénouement du PERi, ce qui favorise la capitalisation durant la phase d’épargne. « Mais depuis le 1er janvier 2026, les versements volontaires réalisés après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable, recentrant ces plans sur leur vocation d’origine », rappelle Marc Thomas-Marotel. Il peut donc être opportun d’alimenter son PERi avant 70 ans.
Par ailleurs, si vous n’utilisez pas la totalité de votre plafond de déduction une année, le solde n’est pas perdu. Jusqu’à présent, il était possible de le reporter sur les trois années suivantes. Nouveauté pour 2026 : la loi de finances a étendu ce report à cinq ans. Attention cependant, cette nouvelle durée ne s’applique qu’aux plafonds qui seront constitués à partir du 1er janvier 2026. Pour les plafonds non utilisés des années antérieures (2023, 2024, 2025), la règle du report sur trois ans reste la norme(4). De plus, les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune peuvent utiliser les plafonds non consommés de leur conjoint(e) ou partenaire pour maximiser les versements et l’économie d’impôt.
Qu’en est-il fiscalement à la liquidation du PERi ? Un rattrapage s’opère. La fiscalité dépend du mode de sortie – capital ou rente –, et de la déductibilité ou non des versements volontaires du revenu imposable (voir tableau). À noter que la fiscalité à la sortie des versements réalisés après 70 ans est identique à celle des versements non déduits.
Entre la déductibilité des versements, les options de sortie et les nouvelles règles de report des plafonds, le PER individuel est plus que jamais un outil de précision. Pour tirer le meilleur parti de votre plan, il est essentiel de bien calibrer vos versements annuels et d’anticiper votre stratégie de sortie des années avant votre retraite. Une simulation personnalisée permet d’évaluer l’intérêt du dispositif en fonction de sa situation fiscale et de ses objectifs de retraite.
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Rédaction achevée le 10/07/2026.
Sous réserve de l’actualité juridique et fiscale en vigueur.
Communication à caractère publicitaire et sans valeur contractuelle.
(1)https://presse.economie.gouv.fr/epargne-retraite-record-battu-pour-le-per-avec-plus-de-150-milliards-deuros-dencours-au-4e-trimestre-2025-et-129-millions-de-titulaires/
(2)Ibid.
(3)https://www.banquepopulaire.fr/preparer-retraite/avantages-per/
(4)Cette mesure s’applique aux nouveaux plafonds constitués à partir du 1er janvier 2026.
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